Accusé de détournement de deniers publics et faux en écriture, l’ancien patron des Douanes a été écroué à la prison centrale de Libreville, le 1er mars 2017.

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48 heures après son arrestation, l’ancien directeur général des Douanes a été écroué à la prison centrale de Libreville, le 1er mars dernier, pour détournement de deniers publics et faux en écriture. Des faits ayant un caractère pénal et qui, selon le juge d’instruction en charge du dossier, méritaient qu’Alain-Paul Ndjoubi Ossamy aille en prison.

En effet, comme rapporté en début de semaine, l’ancien patron des Douanes est impliqué dans un vaste réseau de détournement de recettes douanières. Dans sa livraison du 2 mars, L’union a rapporté que dans le cadre d’une mission de contrôle et de redressement des entreprises, la société EGCA-Satram a fait l’objet d’un contentieux pour cause d’entrée frauduleuse d’engins et d’équipements de construction sans s’acquitter des taxes douanières en faisant de fausse déclarations.

Alain-Paul Ndjoubi Ossamy, alors de DG de Sogatra. © Gabonreview

Selon le quotidien, ce contentieux, dans lequel serait impliqué Alain-Paul Ndjoubi Ossamy, a révélé un redressement de 1,6 milliard de francs CFA à titre principal, et 800 millions de francs au titre d’amendes. Soit un total de 2,4 milliards de francs à verser au Trésor public. Un recouvrement qui n’aurait pas parvenu dans les caisses du Trésor public, du moins intégralement. La faute au «système de corruption consistant à accepter des dessous de table et baisser le niveau des amendes».

Dans ce sens, a rapporté L’union, l’ancien patron de Satram (Ben Ali-aujourd’hui incarcéré, ndlr.) a reconnu avoir remis, le 12 août 2016, au parking d’un hôtel à Libreville, 100 millions de francs au colonel des Douanes, Jean-Bernard Ngalibika, pour le compte d’Alain-Paul Ndjoubi Ossamy. «Cette transaction aurait été effectuée sans aucune quittance, donc sans aucune trace. Pis, l’argent reçu n’aurait jamais été reversé au Trésor public», a indiqué le journal.

Pour rappel, Alain-Paul Ndjoubi Ossamy a été incarcéré dans le cadre de l’opération «Mamba», visant à mettre la main sur de hauts dirigeants, anciens ou en service, impliqués dans des détournements de deniers publics.