A quelques jours de la remise des prix aux lauréats de la deuxième édition du concours Jeune talent Masuku lancé en février dernier, la promotrice de l’Association Festival de Masuku, Nadine Otsobogo, dresse dans cette interview les contours de cette édition dont les résultats seront connus le 8 juin 2018.

Nadine Otsobogo, promotrice du concours Jeune talent Masuku de l’Association Festival
de Masuku et du festival éponyme. © D.R.

 

Pourquoi cet évènement?

Nadine Otsobogo : Cette initiative qui se dessine dans sa deuxième édition, depuis l’année dernière, part du fait que lors du festival de Masuku, qui est évidemment un festival international, il y a très peu de films gabonais. Très peu de cinéastes gabonais s’intéressent au film environnemental. Cette observation nous a suggéré de pousser les enfants à s’intéresser aux questions de l’environnement. On a mis en place un concours pour les motiver. J’ai pris attache avec le directeur d’un festival au Canada et comme j’étais également suivie par la Francophonie, afin que les meilleurs films soient présentés au Canada. C’est ce qui s’est passé. L’année dernière, nous avons lancé cet événement, mais avec une thématique environnementale globale. Il n’y avait pas de thématique précise. A ma grande surprise, des établissements scolaires ont répondu présents.

Quelles sont les thématiques abordées cette année et qui sont les participants?

Cette année, la thématique c’est l’eau. Tous les films présentés sont en rapport avec l’eau. C’est le 8 juin 2018 qu’on présentera les résultats au Bureau de la Francophonie à Libreville, parce que ce jour représente la journée des océans. Il fallait donc que les enfants nous racontent, avec leur Smartphone, l’eau, parce qu’ils n’ont pas encore été formatés à dire plan large, plan serré. Il fallait simplement raconter l’eau. Et c’est extraordinaire parce qu’ils ont tous, comme s’ils se sont concertés, parlé de l’eau comme vecteur de maladies, mais également des problèmes liés à l’’absence des infrastructures de production d’eau. Je m’attendais à ce qu’ils me ramènent des images des plages, etc. Mais ils ont relevé de vrais problèmes. Comme vous le savez, il y a beaucoup d’appelés peu d’élus. Nous avons six films venant des établissements scolaires de Libreville.

Pourquoi le choix de cette thématique?

Plusieurs raisons expliquent ce choix. Les coupures d’eau sont fréquentes et beaucoup de personnes puisent et conservent de l’eau dans des bidons. Pour moi, il était question de savoir si les enfants sont conscients de ce fait. Si oui, quel est leur point de vue sur cette question et que pouvaient-ils raconter sur cette problématique de l’eau au Gabon ? Il s’agissait de leur donner envie de réfléchir sur ce sujet.

Quel avenir pour les lauréats de ce concours?

Ceux qui sont intéressés par le cinéma environnemental seront suivis. Il faut les aider comprendre les ficelles de la cinématographie. Il faut retenir que l’année dernière, il y avait un jeune de l’Immatriculé qui était percutant. On lui a demandé de participer encore cette année. On va l’aider au niveau du montage, mais après, on va l’aider à bien filmer et à participer aux compétitions internationales. En un mot, on veut pousser ces enfants à prendre conscience du potentiel créatif du cinéma. Il faut relever que le Festival de Masuku a au moins une quinzaine de festivals partenaires. Et dans le monde, on a aussi besoin des films d’enfants et de surcroit des films sur l’environnement.