Si certains avaient présenté le président de l’Udis comme le déclencheur des arrestations de hauts cadres de l’administration publique, dont deux ministres, le chef du gouvernement affirme qu’il n’en est rien. L’opération dite «Mamba» avait été annoncée et prévue par le président de la République. »


Emmanuel Issoze Ngondet, le Premier ministre. © Primature-Gabon

 

«Opération mamba», tel est donc le nom que les autorités gabonaises donnent à la traque des responsables présumés des détournements de l’argent public durant le premier mandat d’Ali Bongo voire ceux enregistrés des années avant son arrivée à la tête du pays. Les enquêtes lancées dans le cadre de cette opération, dont certains doutent de l’aboutissement réel, «s’intéressent à tous ceux qui, au quotidien, posent des actes de gestion et dont l’action et le train de vie présentent manifestement des indices de prévarication», a indiqué le Premier ministre Emmanuel Issoze Ngondet le 30 janvier dans une longue interview au quotidien l’Union. Mais, contrairement à ce qu’en disait l’opinion, l’interview d’Hervé-Patrick Opiangah au même quotidien en décembre 2016 «n’est pas à l’origine» de cette opération. Ce n’est pas le président de l’Union pour la démocratie et l’intégration sociale (Udis) qui a permis la mise en détention provisoire des ministres Etienne Dieudonné Ngoubou et Magloire Ngambia, ainsi que Blaise Wada, l’ancien coordonnateur général du projet des bassins versants de Libreville et de Port-Gentil.

A en croire Emmanuel Issoze Ngondet, cette opération avait été prévue et annoncée par le président de la République, notamment au cours de la campagne présidentielle d’août 2016. «Le chef de l’Etat s’était engagé à mettre fin à l’impunité», a rappelé le Premier ministre, non sans ajouter que lui-même, en tant que chef du gouvernement, avait tenu à inscrire la lutte contre la corruption «au cœur de l’action gouvernementale». Pour lui, le leadeur de l’Udis n’avait fait qu’exprimer son soutien à l’action du président de la République et celle du gouvernement. N’empêche, Issoze Ngondet a dit reconnaître en Hervé-Patrick Opiangah du courage et de l’engagement. Toutefois, il a dit douter que l’«Opération mamba» vise également les anciens ministres du Budget, qu’il a lui-même été de janvier 2011 à février 2012. Et si les enquêtes allaient jusque-là, il semble déjà se défendre d’avoir respecté «l’ordre des choses» : signer des décisions de règlement, des conventions de marchés publics et des conventions de financement. Rien d’autre que ce que lui permettait son ancienne fonction. Aussi, s’est-il dit «serein» et bien à sa place pour lutter contre «la grande corruption», devant permettre au Gabon d’«assainir son image» et d’améliorer son environnement des affaires.