Pour édifier l’opinion sur les arrestations des leaders syndicaux lors de la grande marche noire du 28 août, la confédération syndicale Dynamique unitaire et ses alliés ont livré, le 29 août 2018, leur part de vérité mettant en doute la raison évoquée par le ministre de l’Intérieur, selon laquelle : il n’aurait pas été informé de la marche.

Le président de la Dynamique unitaire Jean Remy Yama, le 29 août 2018. © D.R.

 

«Le ministre d’Etat, ministre de l’Intérieur, de la Sécurité, chargé de la Décentralisation et du Développement Local a appris par voie de presse que la confédération Syndicale Dynamique unitaire et compagnie se proposaient d’organiser une marche simultanément à Libreville et à l’intérieur du pays, le mardi 28 août 2018 dès 8 heures», indiquait un communiqué du service de presse du ministère de l’Intérieur.

Le fac-similé de la demande d’encadrement de la marche pacifique. © Gabonreview

Le ministère affirme n’avoir pas été informé de l’organisation de la marche pacifique «Ne touche pas à mon bout de pain» projetée par la confédération syndicale Dynamique unitaire et ses alliés, le Samtac, le Synafopra et le Syprocom.

Faux, ont rétorqué les leaders syndicaux à la faveur d’une conférence de presse le 29 août. «Le 14 août 2018 à 11h59, par exploit d’huissier, une nouvelle demande d’encadrement de la marche pacifique, cette fois-ci prévue se tenir pour le 28 août 2018 dont l’objet restait la protestation contre les mesures d’austérité, a été adressée au ministre de l’Intérieur», a affirmé le président Jean Remy Yama, précisant que la «restitution des faits et le respect de la loi doivent nous permettre de saisir la vérité d’une part et la part de responsabilité de chacun d’autre part».

Si Lambert-Noël Matha a jugé nécessaire de saluer «le professionnalisme et la retenue de ses agents proposés pour la gestion démocratique de la foule» qui tentait de se former, pour Dynamique unitaire, cela ne serait qu’un simple simulacre visant à s’offrir une saine conscience. Jean Remy Yama assure que «toutes les personnes interpellées ont été brutalisées et conduites à la préfecture de police où elles n’ont été notifiées d’aucun délit ou poursuites judiciaires pour trouble à l’ordre public ou rébellion. Les agents de police ont plutôt procédé à leur fichage comme leaders syndicaux devant désormais faire l’objet de filature policière, en prenant leur identité et adresse complètes et en les photographiant».

Dynamique unitaire et ses alliés affirment que «les droits syndicaux, composantes inaliénables des droits de l’Homme, ont été une fois de plus rudement, publiquement et illégalement violés par le gouvernement gabonais, en interdisant la grande marche noire pacifique Ne touche pas à mon bout de pain prévue à Libreville et dans le reste du Gabon».

Jean Remy Yama et ses alliés exigent la démission du ministre de l’Intérieur et le droit à réparation, conformément au paragraphe 103 des lignes directrices sur la liberté d’association et de réunion en Afrique qui dispose qu’ «en cas de violation du droit de réunion pacifique, les organisateurs et participants ont droit à réparation».