Le Collectif des Altogovéens martyrisés (Cam), présidé par Norbert Epandja, réclame à Ali Bongo et à plusieurs personnalités originaires de la province du Haut-Ogooué une indemnisation de 55 milliards de francs CFA, pour préjudice causé au peuple altogovéen.

© D.R.

 

Dans une lettre ouverte adressée au président de la République et à plusieurs personnalités politiques originaires de la province du Haut-Ogooué, le président du Syndicat des artistes gabonais, Norbert Epandja annonce la création d’un collectif des Altogovéens martyrisés (Cam).

Cette structure a pour mission de lutter pour l’indemnisation de tous les ressortissants de la province du Haut-Ogooué, victimes des actes (ou de leurs effets collatéraux) posés par certaines personnalités politiques de leur province, depuis 1967. «Le Collectif des Altogovéens martyrisés réclame l’indemnisation, par vous, du peuple Altogovéen, à hauteur de 55 milliards de francs CFA, à raison de 5 milliards par département», a indiqué le président du Cam.

Si dans sa lettre ouverte, l’artiste engagé n’indique pas l’identité ou le statut de l’ordonnateur de cette cagnotte exigée, il assure tout de même que cet argent servira et permettra de financer un programme appelé : «Programme Marshall de développement du Haut-Ogooué» (PMDHO). «Nous ne pouvons pas vous laisser continuer à vous servir de nous et vous en tirer plus tard avec des milliards et nous laisser payer à votre place sans rien faire. Nous mènerons ce combat jusqu’au péril de nos vies, étant entendu que notre slogan de combat s’intitule la Province ou la mort, nous vaincrons !», a assuré Norbert Epandja.

Depuis 1967, argumente ce dernier, le régime Bongo-PDG a pris le Haut-Ogooué en otage, ne respectant pas le vote des altogovéens considérés comme des indigènes ignorant la valeur d’un bulletin de vote. «Vous avez sacrifié nos vies et compromis l’avenir de la jeunesse altogovéenne en vous servant de nous comme boucliers pour vous maintenir au pouvoir, faire fortune et protéger votre progéniture, fortune grâce à laquelle vos enfants seront à l’abri du besoin pendant des décennies, contrairement aux nôtres», a-t-il déploré, rappelant que «lors des émeutes nées des résultats très contestés du Haut-Ogooué, nos compatriotes d’autres provinces ne désiraient qu’une seule chose : mettre le feu à nos petites maisons qui n’ont pas été construites par vous et à notre quartier d’Akébé parce qu’abritant des altogovéens accusés de soutenir votre régime».

Pour le président du Cam, après Ali Bongo Ondimba, les ressortissants de la province du Haut-Ogooué auront encore plusieurs décennies de souffrance à vivre, à cause des ressentiments accumulés pendant plus de 50 ans par les compatriotes des autres provinces du Gabon.