Estimant être «victimes et pris en otage» par la grève cumulée des enseignants et du personnel administratif, les étudiants de l’Institut africain d’informatique (IAI) ont laissé éclater leur colère le 12 avril à Libreville.


L’entrée principale de l’IAI complètement barricadée par les étudiants, le 12 avril 2018 à Libreville. © Gabonreview

 

Donnant la réplique au personnel administratif et au corps enseignants, les étudiants de l’Institut africain d’informatique (IAI) ont déclenché une grève au sein de leur établissement, aux petites heures du matin, le 12 avril à Libreville. Ils ont incendié des pneus sur la voie principale, à l’entrée de l’institut.

Les grévistes réclament notamment des meilleures conditions d’études et, dénoncent la stigmatisation dont ils font l’objet par les enseignants permanents et le personnel administratif. En effet, les étudiants estiment être «victimes et pris en otage» par des individus qui ne «recherchent que leurs intérêts personnels sans tenir compte de l’image de l’IAI et des intérêts des étudiants qui sont la raison d’être de l’institut».

L’entrée principale de l’IAI complètement barricadée par les étudiants, le 12 avril 2018 à Libreville. © Gabonreview

Ils en veulent pour preuve l’attitude du personnel administratif et d’appui, qui a refusé systématiquement «d’apporter assistance aux étudiants en danger de morsures de serpents qui se cachent dans les hautes herbes autour du campus (…) alors que ce même personnel assure le nettoyage des bureaux professeurs». Sachant le personnel administratif en grève, les étudiants ont même proposé à celui-ci la somme de 100 000 francs pour couper les hautes herbes. En vain.

«Le délégué du personnel justifie leur refus par le fait qu’il souhaite que les herbes restent en l’état jusqu’au prochain conseil d’administration, afin que les administrateurs voient comment est géré l’argents qu’ils envoient à l’IAI», ont rapporté les étudiants. Ces derniers décrient également la posture des enseignants, qui s’érigent en «défenseurs» du personnel administratif et d’appui. Les étudiants dénoncent aussi le silence des enseignants sur les actes de vandalisme posés par le personnel administratif et d’appui, à travers «les barricades et soudures des bureaux administratifs», dont celui de la direction générale.

Résultat des courses, les cours sont perturbés à l’IAI depuis un mois, au grand désarroi des étudiants. Ils interpellent par ailleurs leurs différents Etats sur le fait qu’ils sont traités de «miliciens» par les enseignants à qui ils ont été confiés pour être formés dans le domaine de l’informatique. Excédés par cette situation, les étudiants ont eux aussi fait éclater leur colère à travers un mouvement d’humeur. Et rien ne laisse indiquer qu’ils sont au bout de leur peine.