Alors que la grève du personnel entamée en février se poursuit, la directrice générale, Binta Fatouma Kalmé, a pris la décision de faire passer tous les étudiants en classe supérieure. Cette décision, affirment les enseignants, violerait les textes réglementaires et les canons académiques universellement reconnus

L’Institut africain d’informatique créé par la résolution N 33/AEFT/Fort-Lamy du 29 janvier 1971. © D.R.

 

Où va l’Institut africain d’informatique(IAI) ? Plombée par une crise structurelle depuis plusieurs années, cette grande école inter-Etats est dans la tourmente depuis cette rentrée académique. Alors que la grève du personnel entamée en février se poursuit, la directrice générale, Binta Fatouma Kalmé, a pris la décision de faire passer tous les étudiants en classe supérieure.

Un fac-similé de la décision de la directrice générales de l’IAI, portant aménagement des années académiques 2016-2017 et 2017-2018. © D.R.

Cette décision a été prise, affirme le corps enseignant, sans le moindre respect des règles académiques. En effet, selon « l’article 9 des statuts annexés à la convention de création de 1971, le conseil des professeurs délibère sur les résultats de chaque étudiant et fixe les listes d’admission » Par ailleurs, selon l’article 15 des statuts adoptés au conseil d’administration tenu les 17 et 18 juillet 2017 à Libreville, « le conseil des professeurs assure l’harmonisation des enseignements entre les diverses disciplines ; délibère sur les résultats scolaires de chacun des étudiants et arrête la liste d’admission», rappellent les enseignants de l’IAI.

Pour le corps professoral, la décision n° 002/IAI/PCA/2018 signée par Binta Fatouma Kalmé, en lieu et place du président du conseil d’administration de cette institution, avec ampliation aux administrateurs et représentants résidents, violerait dans le fond et dans la forme les textes réglementaires, les canons académiques universellement reconnus. Elle saperait les fondements de la crédibilité de l’établissement.

La même décision stipule en son article 3 que «les admissions en première année pour l’année académique 2017-2018 sont suspendues». Or, le concours ayant été organisé, les résultats proclamés, certains des étudiants sont déjà arrivés à Libreville.

Affirmant ne pas se sentir concernés, les enseignants dénoncent cette dérive qui pourrait être fatal à l’institut. «Nous appelons les administrateurs à prendre leur responsabilité quant à la survie de l’Institut».