La rapidité avec laquelle le nouveau Code des hydrocarbures a été élaboré suggère que le Gabon est sincère dans ses efforts pour séduire les compagnies pétrolières internationales. Mais le calendrier de promulgation du nouveau Code «pourrait être retardé par des obstacles parlementaires et le vide du pouvoir présidentiel actuel».

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Membre de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), le Gabon a récemment dévoilé un nouveau cycle d’octroi de licences, ainsi qu’une série de conditions contractuelles accrocheuses, conçues pour attirer les explorateurs qui ont largement évité l’offshore du pays à l’ère du bas prix du pétrole.

«Le cycle d’octroi de licences est basé sur des appels d’offres, alors ce que les gens veulent vraiment voir, c’est à quoi ressembleront les conditions après les négociations avec le gouvernement», a affirmé un analyste africain du pétrole et du gaz chez Wood Mackenzie, relayé par Petroleum Economist. Jean-Baptiste Bouzard note, à cet effet, qu’il y a une pléthore d’impôts moins élevés dans le Code, dont le montant pourrait également faire une différence dans les conditions finales.

Toutefois, la rapidité avec laquelle le Code des hydrocarbures a été élaboré suggère que le Gabon est sincère dans ses efforts pour séduire les compagnies pétrolières internationales. «Les discussions avec les compagnies pétrolières et gazières au sujet du nouveau Code ont commencé en mars et la présentation d’un projet de Code avant novembre est assez rapide pour l’Afrique subsaharienne. Cela donne à penser que le gouvernement veut vraiment que l’investissement démarre», a souligné Jean-Baptiste Bouzard.

Mais le calendrier d’élaboration du nouveau Code des Hydrocarbures qui établirait ces conditions pourrait être retardé par des obstacles parlementaires et le vide du pouvoir présidentiel actuel. En effet, le gouvernement a besoin que le cycle d’octroi de licences, qui couvre 23 blocs en eaux profondes et 11 blocs en eaux peu profondes, soit un succès si le pays veut avoir une chance de compenser le déclin de la production des champs existants.

Or, le nouveau Code est encore loin du Parlement, tandis que le chef de l’Etat est actuellement indisponible pour des raisons de santé. C’est bien connu qu’au Gabon, peu de choses se passent dans l’industrie pétrolière locale sans l’onction du président de la République. Ce qui suscite des interrogations quant à la rapidité avec laquelle le Code des Hydrocarbures 2.0 sera effectif.

Le ministre du Pétrole a récemment déclaré que le nouveau Code des Hydrocarbures serait prêt au plus tard à la fin 2018. Rien n’indique cependant qu’Ali Bongo ratifiera dans cet horizon le nouveau Code, et ainsi lancer l’ère du nouveau régime pétrolier.