Les 7e journées des anthropologues à l’Université Omar-Bongo ont été consacrées à la question de l’homosexualité au Gabon. Enseignants et étudiants ont présenté le phénomène comme «une inversion des valeurs humaines».

© Katrin Gänsler

 

L’homosexualité! Un phénomène de société mal, voire très mal perçu sous nos latitudes. Dans le cadre des activités du Club des anthropologues (Clan), la question a été débattue trois jours durant, à l’occasion des 7e journées des anthropologues à l’UOB. Comme il fallait s’y attendre, la condamnation des différents intervenants à la conférence débat organisée les 29, 30 juin et 1er juillet a été unanime : «L’anthropologue qualifie l’homosexualité comme une inversion des valeurs, une inversion des modèles fondamentaux et une crise de l’humanité», s’est exprimé le Pr Bernard Minko Mvé au terme des travaux.

Si le jugement du chef du département d’Anthropologie est aussi négatif, c’est qu’il considère l’homosexualité comme une entorse aux «règles» sociales et humaines. Pour lui, comme pour d’autres intervenants, «les règles n’ont pas de problème. C’est l’homme qui cause des problèmes aux règles». «L’homme que nous avons aujourd’hui, ce n’est plus l’homme d’hier. L’homme que nous avons aujourd’hui a des pratiques qui posent des problèmes à la science anthropologique. Parmi ces comportements et ces pratiques, il y a l’homosexualité. On se demande où va l’homme et que va-t-il devenir d’ici 10 à 20 ans», s’est inquiété l’anthropologue, justifiant le choix de cette thématique pour les travaux du Clan.

La question de «l’avenir de l’homme» a également préoccupé les étudiants du département. Christian Moubele Moubele, membre du Clan et étudiant en Licence 3 en Anthropologie, a estimé que l’homosexualité constitue une menace vis-à-vis de la pérennisation de l’espèce humaine. «La question de l’homosexualité au Gabon vise beaucoup plus la question des valeurs. Selon nos valeurs ancestrales, un homme ne doit pas aller avec un homme, une femme avec une autre femme. Ceci pour le souci de la pérennisation de la procréation», a expliqué l’étudiant.