Nouvellement arrivé à la tête du ministère de l’Egalité des chances, Arnauld Engandji a reçu le bureau de la Fédération nationale des associations des personnes handicapées du Gabon (FNHAPHG), le 7 août à Libreville. Le membre du gouvernement revient avec Gabonreview sur cette rencontre qui a tourné autour de la formation et l’intégration des personnes vivant avec un handicap.

Arnauld Engandji lors de sa rencontre avec la FNHAPHG, le 7 août 2018 à Libreville. © Gabonreview

 

Gabonreview : Vous venez de tenir une réunion avec la FNHAPHG, de quoi était-il question ?

Arnauld Engandji : Notre département ministériel est en charge du pan de l’égalité des chances. Un peu comme le concept de la révolution française qui disait : «une carrière pour tous les talents». Cela sous-entend que la personne qui vit avec un handicap a des talents, est intelligente, peut aller à l’université, faire du sport, de la musique et bien d’autres choses. Et notre devoir est de nous assurer, qu’au même titre que les personnes valides, la personne vivant avec un handicap ait toutes les chances d’exprimer ses talents.

La fédération est donc venue nous faire certaines propositions. Elle a des actions qu’elle aimerait mener. Aussi bien dans la formation des jeunes que dans le domaine de l’intégration. Ce que nous avons décidé de faire, c’est de les associer à notre équipe de travail. De manière à faire en sorte que nous ne réglions pas leurs problèmes sans eux, mais qu’ils soient associés de bout en bout à la démarche que nous allons mener ici.

Moment de la séance de travail tenue au hall du bâtiment abritant le ministère, faute d’ascenseurs fonctionnels. © Gabonreview

Concrètement, qu’est-ce qui sera fait pour accompagner la personne vivant avec un handicap ?

D’abord, la conscience populaire doit arrêter de traiter le handicap comme un problème. Nous avons tous entendu parler de Stephen Hawking, un génie cité partout dans le monde et qui souffrait d’un handicap. Notre mission est de faire en sorte que si un tel génie naissait au Gabon, comment ferrions-nous pour nous assurer qu’on ne passe pas à côté d’un apport qui pourrait être immense pour la communauté et la société.

Dans la première phase de cette mission, notamment, nous sommes en train de voir comment changer les mentalités des gens, que les portes soient ouvertes à la personne vivant avec handicap. Et que les infrastructures, notamment celles de l’Etat, soient construites en tenant compte de cette personne, afin qu’elle ait facilement accès à nos bureaux, aux lieux d’études et de loisirs, etc. Cela réconforterait la personne vivant avec un handicap, qui parfois a l’impression d’être considérée comme une sous catégorie de la société.

Quid de l’aspect autonomisation ?

Encore une fois, nous n’allons pas traiter la personne vivant avec un handicap comme un problème. Ce que nous allons faire, c’est lui garantir l’accès équitable aux services de l’Etat. C’est-à-dire que lorsque nous aurons les fonds pour financer l’auto-entrepreneuriat, ou les PME, les personnes handicapées devraient avoir accès à ces ressources-là, avec les mêmes chances et critères que tous les autres. Si elles ont des projets porteurs, viables, générateurs d’emplois ou rentables, les personnes vivant avec un handicap doivent avoir accès aux financements.