Plus de deux ans après son lancement dans l’Ogooué-Ivindo, la Gabonaise des réalisations agricoles et des initiatives et des nationaux engagés (Graine) fait office de bon élève avec des données encourageantes. Des chiffres qui seraient encore plus appréciables si les éléphants, notamment, ne s’en mêlaient pas.

Les membres de la coopérative Afo 1, le 29 janvier 2018. © Gabonreview

 

A l’instar de la Nyanga ou encore de la Ngounié, la Gabonaise des réalisations agricoles et des initiatives et des nationaux engagés (Graine) a effectivement pris son envol dans l’Ogooué-Ivindo. Dans cette province, en effet, 33 coopératives cultivent une superficie de plus de 508 hectares. Soit 331,78 hectares de tubercules de manioc, 175 hectares de bananes et 1,6 hectare de piment.

A Mayela 1, par exemple, à quelques kilomètres de Makokou, la coopérative Afo 1 cultive 30 hectares de terre, dont 25 dédiés au tubercule de manioc, et le reste à la banane. «Le travail se passe bien avec les membres mais nous sommes tout de même déçus au niveau de la culture de la banane. Nous n’avons rien pu récolter des cinq hectares plantés», a déploré le président de la coopérative Afo 1. Selon Jean Atsatseba, les rejets de bananes en provenance du Cameroun ont eu du mal à s’adapter aux conditions agro-écologiques de la région.

Akoubou Sidoine face à la presse. Et, des membres de la coopérative Afo 1 en activités. © Gabonreview

Cette situation a également été amplifiée, d’une part, par le temps écoulé entre l’achat des rejets au Cameroun et sa mise en terre. Résultat des courses : les rejets ont été confronté à un stress hydrique énorme avec, à l’arrivée, un retard de croissance. D’autre part, les engins lourds affectés aux travaux du sol ont littéralement changé la structure de celui-ci.

Heureusement, tout se passe bien au niveau du tubercule de manioc. «Nous le récoltons sans difficultés majeures. Nous avons essentiellement des variétés issues des champs villageois. Le manioc est donc adapté aux conditions locales, avec un rendement de 16-17 tonnes par hectare», s’est réjoui Jean Atsatseba. Non loin de là, au PK 10, la coopérative Locima s’active également dans la culture du manioc et de la banane.

Là aussi, les membres de la coopérative ont déploré des pertes au niveau de la bananeraie. «Deux hectares de bananeraie ont été dévastés par les éléphants», a regretté le secrétaire général de la coopérative. A côté du conflit faune-flore, Narcisse Mbokanandji a déploré le problème de transport. «Les membres résident en ville. Et se déplacer jusqu’ici nécessite beaucoup de dépenses», a-t-il relevé. La coopérative espère surmonter progressivement cette difficulté. Notamment, avec les recettes consécutives à la vente du manioc dont la récolte a démarré il y a deux mois.

Par ailleurs, le responsable provincial du programme Graine dans l’Ogooué-Ivindo a interpellé les pouvoirs publics sur le ravage des plantations par les éléphants. Cet élément constituant la première cause de perte de production sur l’ensemble de la province. «Près de 90 hectares de culture ont été perdus entre novembre 2016 et décembre 2017. Soit une estimation de pertes de 800 tonnes de manioc et de bananes. C’est énorme !», a déclaré Akoubou Sidoine.

Selon lui, la Société de transformation agricole et de développement rural (Sotrader) n’a pas les moyens de faire face à ce conflit. «C’est à l’Etat et ses différents partenaires de réfléchir sur la question pour atténuer le phénomène», a-t-il suggéré. Une équation dont la solution permettrait certainement de doper les chiffres de la province.

En 2017, en effet, elle a produit plus de 462 tonnes de tubercules pour plus de 193 tonnes de manioc. Soit un chiffre d’affaires de près de 31 millions de francs CFA. Au niveau de la banane, par contre, la province a généré 19,31 tonnes en 2017. Soit un chiffre d’affaires de plus de 4,4 millions de francs CFA.