Après avoir été́ le premier pays africain à soumettre sa Contribution nationale déterminée (INDC), le Gabon vient de se doter du cadre réglementaire nécessaire à la surveillance des forêts, dont l’exploitation et la déforestation représentent 80% de ses émissions actuelles.

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Le Gabon a réaffirmé son engagement à mettre en œuvre l’Accord de Paris sur le climat. En témoigne la publication, le 8 juillet, de l’arrêté n°0774/PM du 30 mai 2017 fixant «les modalités de surveillance des activités susceptibles de porter atteinte à l’intégrité forestière». En d’autres termes, le Gabon vient de se doter du cadre réglementaire nécessaire à la surveillance des forêts, dont l’exploitation et la déforestation représentent 80% de ses émissions actuelles.

Ainsi, toutes les activités susceptibles de porter atteinte à l’intégrité forestière, à savoir les activités d’exploitation forestière, minière, agricole et d’hydrocarbures, feront désormais l’objet d’une surveillance satellitaire opérée par l’Agence gabonaise d’études et d’observations spatiales (Ageos) ; notamment grâce à l’antenne de réception directe installée au Centre de compétences en télédétection de Nkok.

L’Ageos fournira ainsi des données permettant de s’assurer du respect par les opérateurs économiques des normes administratives et environnementales convenues avec les administrations publiques concernées et définies dans les plans d’aménagement et les plans de gestion. Il s’agira aussi de détecter, mesurer et prévenir les atteintes à l’intégrité forestière non autorisées et de mettre à la disposition du public une base de données numériques présentant les informations cartographiques issues de cette surveillance.

Seule agence de la sous-région en capacité de recevoir directement des images satellitaires de 23 pays d’Afrique, l’Ageos utilisera des images Pléiades et Landsat de moyenne et haute résolutions pour réaliser ces opérations de surveillance.

En somme, l’arrêté publié par le Gabon marque un tournant historique dans les capacités de gestion des forêts du Gabon, deuxième pays forestier du bassin du Congo avec plus de 23.7 millions d’hectares. Après avoir été́ le premier pays africain à soumettre sa contribution nationale déterminée (INDC), visant à réduire de 50% ses émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030, le Gabon confirme ainsi son engagement dans un processus économique de développement se voulant sobre en carbone et durable.