En choisissant de garder en détention et sans possibilité de visites des ressortissants congolais (Brazaville et RDC) soupçonnés d’avoir contribué à l’exfiltration du Général Faustin Munene, ancien chef d’Etat-major de l’armée de Kinshasa, le Gabon est accusé de violer les droits de l’homme.

Le ROLBG accuse le Gabon de détenir arbitrairement des individus congolais à Franceville. © malipresse.net

 

Après plusieurs mois de cavale, le Général Faustin Munene a été arrêté, le 10 janvier dernier à Moanda. Depuis, il aurait été rapatrié vers le Congo où il serait en détention, accusé de tentative de coup d’Etat en RDC. Mais les personnes soupçonnées d’avoir aidé l’ancien chef d’état- major de l’armée congolaise à se cacher au Gabon seraient actuellement en détention à Franceville, informe le site voaafrique.com. Il s’agit de deux ressortissants du Congo-Brazzaville Amses Tongu Makuala et Thierry Massamba, et un de la RDC, François Luakabuanga Mukungishi, professeur de sciences physiques dans un lycée de Franceville. Selon le Réseau des organisations libres de la société civile pour la bonne gouvernance au Gabon (ROLBG), les trois prévenus subiraient des «abus» de la part des autorités judiciaires gabonaises. Ils n’auraient pas droits aux visites de leurs proches.

«Les trois (individus) sont détenus dans un lieu non révélé et privés de la visite de leurs proches et membres de famille, et même de leurs avocats», a récemment confié Georges Mpaga à VOA Afrique. Pour le président du ROLBG, qui juge «arbitraires» l’arrestation et la détention des trois individus, il s’agit d’une violation des droits de l’homme. Aussi, l’ONG se dit-elle prête à saisir dans les jours qui viennent le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme à Genève, le bureau du HCR au Gabon, ainsi que les organisations de défense des droits de l’homme à l’international.

Le Général Faustin Munene est en conflit avec la justice congolaise depuis 7 ans. Il est soupçonné d’avoir commandité l’attaque contre la résidence du président Joseph Kabila Kabange et du camp militaire Kokolo à Kinshasa, en février 2011. L’attaque du camp militaire avait fait 11 morts, dont 8 soldats de l’armée régulière. Les trois personnes actuellement en détention au Gabon pourraient être jugées complices de cet acte, ou même d’avoir fait obstruction à la justice.

Depuis janvier, les autorités gabonaises se refusent à réagir sur le sujet, sans nul doute en raison de son caractère sensible. D’autant plus qu’en 2011, l’affaire avait créé quelques frictions entre Kinshasa et Brazzaville, le second ayant refusé d’extrader le Général Munene. Dans la foulée, Kinshasa avait rappelé son ambassadeur.