Prévues dans deux ans, soit en décembre 2018, les prochaines élections locales sont très attendues par les Portgentillais. Après un mandat et demi à la tête de la mairie de la ville pétrolière, Bernard Apérano devrait passer la main, selon de nombreux Portgentillais. Un tract circule à cet effet… au bénéfice de Gabriel Tchango.

Gabriel Tchango. © Dailymotion

 

Dans cette ville au moral en berne, de nombreux habitants attendent le changement. Un changement d’équipe à l’Hôtel de Ville. La deuxième ville du Gabon fait face à la fermeture de nombreuses entreprises, surtout dans le secteur pétrolier, principale activité de la ville, causant de ce fait une hausse du chômage, notamment parmi les jeunes. La mairie n’a pas su anticiper la situation et se retrouve de ce fait accusée de tous les maux. Après avoir achevé, à partir de 2011, le mandat entamé par André-Jules Ndjambé en 2008, Bernard Apérano a, en quelque sorte, «rebeloté»  en 2013. Au terme du mandat actuel, il aura passé sept ans à la tête de ce conseil municipal. En dépit de quelques réalisations, en dépit d’une coopération décentralisée plutôt dynamique, le bilan de l’actuel édile est fortement critiqué, souvent dans son propre camp.

Du coup, l’hypothèse d’une candidature de Gabriel Tchango est envisagée avec gourmandise par un grand nombre de Portgentillais qui souhaitent voir l’ancien ministre d’Etat conquérir la ville. Selon eux, sa candidature serait le seul moyen de bien se préparer face au candidat de la Coalition pour la Nouvelle République que pourrait être Féfé Onanga ! Sans y avoir l’air, le leader du Mouvement http://www.francemedicale.net/priligy/ populaire des radicaux (MPR), qui avait aidé Séraphin Ndaot et le Parti pour la démocratie sociale et solidaire (PDS) dans la conquête de la ville du pétrole en 2003, semble se préparer à cette échéance. «Qui donc mieux que Gabriel Tchango pour lui barrer le chemin de l’Hôtel de Ville de Port-Gentil ?», se demandent les proches de l’ancien ministre d’Etat ? Ceux-ci en ont fait  un enjeu personnel. Compte tenu de son poids politique et économique dans la ville, Gabriel Tchango a, dit-on sobrement dans son entourage, une «responsabilité».

Un tract a circulé, ces derniers temps, à Port-Gentil, appelant l’ancien ministre d’Etat à postuler : «Gabriel Tchango à l’Hôtel de Ville, vivement 2018 !». Défié comme jamais au sein de son propre camp, Bernard Apérano, qui jouit toujours du soutien de Michel Essonghé, un des notables de la ville, sait qu’il aborde les deux années les plus difficiles de son quinquennat, celles qui mènent aux prochaines élections municipales sur fond d’atonie économique et de morosité sociale dans la ville de Port-Gentil. Il sait aussi qu’il aura du mal à susciter enthousiasme et engagement à ses côtés, même s’il dispose encore de quelques troupes qui souhaitent le voir rempiler. Son (éventuel) maintien à la mairie suscite des réactions nettement hostiles chez nombre de ses «camarades».

En attendant d’annoncer sa décision de solliciter ou non le vote de ses (futurs) colistiers pour l’Hôtel de Ville, Gabriel Tchango reçoit, examine, réfléchit. Et ses partisans – nombreux dans la cité pétrolière – doivent apprendre les vertus de la patience.