Multiple médaillé à la suite de plusieurs compétitions continentales et internationales, le taekwondoïste est privé depuis des années de la subvention de l’Etat gabonais, en dépit de ses bonnes performances, dont la dernière, champion d’Afrique 2018.

Anthony Obame, champion d’Afrique de taekwondo en 2018. © mastkd.com

 

Depuis mars dernier, Anthony Obame est double médaillé d’or au championnat d’Afrique de taekwondo. Cette énième réussite n’aurait pas été possible si le sportif gabonais, champion du monde en 2013, n’avait pas eu le soutien financier des membres de sa communauté religieuse et ceux de sa famille biologique. Depuis 2016, le vice-champion olympique (2012) ne bénéficie pas de la subvention de l’Etat. Et si Anthony Obame a affirmé, lundi 9 avril sur le plateau du JT de Gabon Télévisions, qu’il ne se passe pas une année sans qu’il ne remporte de médailles à l’étranger, ses bonnes performances ne semblent pas convaincre les autorités, du moins pas toutes.

A son arrivée à Libreville, en décembre 2017, le taekwondoïste avait à cœur de régler ses problèmes administratifs auprès des autorités compétentes. Il a dit avoir rencontré le ministre des Sports en janvier dernier, qui lui aurait promis de s’en occuper dans les meilleurs délais ; de même qu’il a écrit au Premier ministre, qui aurait ordonné le paiement de sa subvention. Rien n’y a fait. Le sportif de haut niveau qui, habituellement vit et s’entraîne en Espagne, a dû préparer le championnat d’Afrique au Gabon, avec toutes les difficultés et les risques encourus.

«Nous sommes deux athlètes gabonais vivant en Espagne. Nous nous entraînons au plus haut niveau, nous affrontons les meilleurs athlètes de la planète, qui sont soutenus par leurs pays, mais nous ne sommes pas en possession de notre subvention. Nous nous débrouillons comme nous pouvons pour représenter valablement notre pays», s’est plaint le taekwondoïste, disant être resté au Gabon trois mois durant, pour tenter de régulariser sa situation.

Pour Anthony Obame, si le chef du gouvernement a donné son quitus pour que sa subvention soit payée et que deux mois après il n’a pas été entendu, c’est qu’«il y a des gens qui ne font pas leur boulot». La fédération gabonaise de taekwondo n’existant quasiment pas puisque n’ayant jusqu’à lors aucun président à sa tête, à qui revient la faute ? Si le poulain de Juan Antonio Ramos assure que le Comité national olympique (CNO) fait sa part en attribuant des bourses aux athlètes, le coupable ne serait-il pas à chercher parmi les collaborateurs de Mathias Otounga Ossibadjouo ? Pour sa part, Anthony Obame assure n’avoir jamais été contacté par l’agent comptable chargé de régler son problème. En tout cas, celui à qui Emmanuel Issoze Ngondet a adressé une correspondance à ce sujet, il y a deux mois, doit rendre des comptes.