Réclamant essentiellement le paiement de la Prime d’incitation à la performance (PIP) du 2e trimestre 2015, les agents syndiqués du ministère des Infrastructures sont en grève depuis le 18 avril dernier à Libreville.

Jean-Pierre Oyiba, le ministre des Infrastructures, va avoir du pain sur la planche pour débrayer la grève des agents de son département. © gabonactu.com

 

Ignorés par leur tutelle dans le cadre de leurs revendications, les membres de la coalition syndicale du ministère des Infrastructures ont donné de la voix, le 18 avril dernier à Libreville. A l’issue de l’assemblée générale organisée à cet effet, les responsables syndicaux ont annoncé l’observation d’un mouvement d’humeur, lancé le 19 avril dernier.

Les agents dénoncent ainsi le mutisme de leur hiérarchie sur plusieurs dossiers : l’achat des équipements, l’intégration à la fonction publique de la main d’œuvre non permanente, la revalorisation de l’aide au développement ou encore, l’application de la mesure du salaire minimum à 150 000 francs CFA (déjà approuvée par le ministre, ndlr).

Ils souhaitent également la fermeture de l’Agence nationale de l’urbanisme, des travaux topographiques et du cadastre (ANUTTC). Mais surtout, les grévistes exigent le paiement de la Prime d’incitation à la performance (PIP) du 2e trimestre 2015. Ce dernier point cristallise visiblement la frustration des agents, d’autant que cette prime a été payée dans l’ensemble des ministères, sauf à celui des Infrastructures.

«Les agents se rendent compte que le gouvernement veut tuer cette régie au profil des agences et que certaines administrations avaient perçu leur PIP juste avant l’élection présidentielle d’août dernier», a confié un leader syndical, relayé par l’hebdomadaire Moutouki. «Il y a deux semaines, les agents du ministère de l’Education nationale sont rentrés en possession de la PIP. Pourquoi donc cette inégalité ?», a-t-il demandé.

Selon les grévistes, le montant global de la prime polémique s’élève à plus de 1,2 milliard de francs CFA. Une bombe que devra vite désamorcer le ministère de tutelle, au regard de la position stratégique de son département. D’autant que les grévistes digèrent très mal les montants évoqués au dialogue national.