Cible de plusieurs syndicats réunis autour de la confédération Dynamique unitaire depuis plus d’un mois, notamment en raison de l’institution du paiement au trentième des agents de l’Etat, le ministre de la Fonction publique est également décrié depuis lundi par ses propres collaborateurs.

Jean-Marie Ogandaga, le ministre de la Fonction publique, en mars 2018, à Libreville. © Gabonreview

 

Depuis l’adoption par le Conseil des ministres, le 23 février dernier, de l’ordonnance instituant le paiement au trentième des agents de l’Etat, Jean-Marie Ogandaga est la cible de la confédération syndicale Dynamique unitaire, qui l’accuse de vouloir «dégraisser la fonction publique». Son projet de réformer la gestion de l’agent public n’a pas plus de succès auprès des syndicalistes, qui se doutent encore d’«un plan caché». Ils ne sont pas les seuls à porter des critiques à l’endroit du ministre de la Fonction publique. Le Syndicat national de la fonction publique et de la réforme administrative (Synafopra) exprime lui aussi sa colère depuis lundi 16 avril.

Des membres du Synafopra au piquet de grève, le 17 avril 2018, au ministère de la Fonction publique. © D.R.

Seulement, la colère du syndicat maison ne se justifie pas pour les mêmes raisons que celles évoquées depuis plus d’un mois par Dynamique unitaire. Selon Régis Malembe, il s’agit de la réactualisation de quatre des revendications exprimées il y a trois ans, et au sujet desquelles la hiérarchie est restée muette jusqu’à lors. Il s’agit, précise le président du Synafopra, du reclassement de plusieurs agents à la suite de leurs stages, de la régularisation de toutes les situations d’avancement avant l’application de la loi querellée, de l’organisation d’un concours spécial d’entrée à l’Ecole de préparation aux carrières administratives (EPCA), et le rétablissement de la prime de rendement du fait des efforts entrepris par ceux qui sont chargés de réformer l’administration publique.

Depuis le début de la semaine en cours, en plus du mouvement amené par Dynamique unitaire, Jean-Marie Ogandaga fait donc face à une «grève d’avertissement» de ses propres collaborateurs. Si le Synafopra donne à la hiérarchie jusqu’au 19 avril l’occasion de négocier, celle-ci ne l’entend pas. Le 17 avril, Norbert Vougamba Sokha, le secrétaire général du ministère de la Fonction publique a jugé «non justifié et malsain» le mouvement des syndicalistes, qu’il n’a d’ailleurs pas manqué de menacer de «sanctions» s’ils ne regagnaient pas leurs postes de travail.