Produit par l’Agence gabonaise de presse (AGP), Gabon Matin fait son grand retour en kiosques le 28 décembre. A cette occasion, l’administrateur provisoire de l’AGP est revenu avec Gabonreview sur certains aspects du journal, à l’instar de son nouveau positionnement ou encore l’obligation de produire un support de qualité avec des moyens très limités.

L’administrateur provisoire de l’AGP. © Gabonreview

 

Pourquoi être passé de quotidien à hebdomadaire ?

Fidèle Bitéghé : Après plusieurs discussions, nous avons tiré certaines conclusions. L’impression du Gabon Matin en quotidien aurait nécessité environ 1,5 million de francs par jour, 18 millions par mois, ou encore 54 millions par trimestre. Le ministre de la Communication nous a conseillé d’être beaucoup plus simple et pragmatique, afin de produire un support sans que cela ne nécessite trop de moyens. Et nous nous sommes rendus compte qu’avec le minimum de fonds à notre disposition, la production d’un hebdomadaire était plus judicieux. C’est aussi ce choix qui nous a orienté vers l’analyse dans nos écrits, qui nous donne un certain recul sur l’information. Pour l’instant, nous restons sur cette périodicité : c’est un choix stratégique pour nous permettre de nous en sortir.

La restructuration de l’AGP s’accompagne de la réduction d’effectifs, cela n’impactera-t-il la production de Gabon Matin ?

Une de nos plus grandes difficultés, en effet, est que depuis décembre 2017 nous avons dû nous séparer de plusieurs contractuels. Nous sommes même sur le point de séparer de 16 autres collaborateurs, sollicités pour nous accompagner dans la restructuration de l’AGP. Car la réalité est que les ressources de l’Etat sont de plus en plus rares. Recruter signifie payer des salaires, ce qui suppose avoir des fonds pour le faire. Or, dans notre cas, avoir des ressources financières supplémentaires est très compliqué. Nous demandons donc un travail supplémentaire à nos collaborateurs, mais nous sommes dans l’obligation de passer par là.

Comment compte se démarquer Gabon Matin face à la concurrence ?

A travers notre retour dans les kiosques, nous souhaitons être un des chefs de file parmi les hebdomadaires du pays. Nous voulons véritablement attirer le maximum d’annonceurs. C’est notre vision et notre volonté. Pour y arriver, nous comptons énormément sur notre service markéting et nos collaborateurs pour bien vendre notre produit. C’est d’ailleurs l’une des raisons pour lesquelles nous souhaitons avoir un contenu plus objectif. Car Gabon Matin a beaucoup souffert de son positionnement, qui était beaucoup plus idéologique qu’informationnelle.