La confédération syndicale dirigée par Jean Rémy Yama annonce pour la prochaine fête du travail, le 1er mai 2018, son propre défilé, bien que le ministère de l’Intérieur qu’elle a saisi n’ait pas encore donné son quitus.

Jean Rémy Yama (micro) et Dynamique unitaire annoncent leur propre célébration de la fête du travail, le 1er mai prochain à Libreville. © Gabonactu.com

 

Pour le 1er mai prochain, Jean Rémy Yama et ses compagnons n’entendent pas «défiler sous le soleil devant les membres du gouvernement assis confortablement à la tribune officielle». Ils envisagent de célébrer la fête du travail sans l’aide des autorités. D’autant que, selon le président de Dynamique unitaire, «le 1er mai est la fête des travailleurs, organisée par les travailleurs dans les pays démocratiques, et non celle du gouvernement, organisée par le ministère du Travail».

Dans une déclaration, mercredi 25 avril, la confédération a invité les syndicats qui la composent ainsi que d’autres à se joindre à sa future célébration, qui aura lieu dans la matinée au terrain de basket-ball de la cité d’Awendjé (Libreville). Au cours de cette célébration, Jean Rémy Yama et ses camarades ne manqueront pas de faire le point sur la grève lancée le 12 mars dernier par Dynamique unitaire. Une grève axée, en autres, sur le refus de l’ordonnance du 23 février instituant le paiement au trentième des agents de l’Etat.

Nul doute que la question du projet de loi visant à améliorer le service public sera également abordée le 1er mai prochain. Ce mercredi 25 avril, les syndicalistes affirment à nouveau que «les objectifs inavoués (de ce projet de loi) sont : la privatisation, la militarisation, la monarchisation et la précarisation dans la fonction publique gabonaise, la réduction drastique des effectifs et de la masse salariale, conformément aux injonctions du FMI et de la banque mondiale».

A une semaine de la célébration de la fête du travail, la Dynamique unitaire n’a pas manqué d’inviter les Gabonais de France «à prendre part massivement (à cette manifestation) aux côtés de la CGT, pour porter la voix des travailleurs gabonais privés de liberté et du droit de manifester sur la place publique (au Gabon)».

Les 16 et 17 avril, dans deux correspondances adressées au ministre de l’Intérieur, la Dynamique unitaire a sollicité l’«encadrement par la police d’une marche pacifique» allant du rond-point de la Démocratie à la Primature, et l’«occupation du lieu dit rond-point d’Awendjé lors des festivités de la fête du 1er mai 2018». Les deux lettres sont restées sans réponse.