L’organisation non gouvernementale, Reporters sans frontières (RSF), a saisi la date de la commémoration de la journée mondiale de la liberté de la presse pour dénoncer les abus contre les journalistes et les nets citoyens par les chefs d’État ou chefs de guerre, organisations terroristes ou forces de sécurité.

Journalistes assassinés

Un journaliste manifeste contre l'assassinat de journalistes au Honduras (AFP)

Depuis le 1er janvier 2012, un acteur de l’information est tué tous les cinq jours. «Depuis le début de l’année en effet, 21 journalistes, 6 net-citoyens et citoyens-journalistes ont été tués, notamment dans des zones de conflit comme la Somalie et la Syrie», indique RSF dans son communiqué.

Selon un bilan établi par cette ONG, la liste actualisée des prédateurs de la liberté d’informer, s’élève cette année à 41 membres. «Nos crimes ne doivent pas souffrir de témoins, aucune autre voix que la nôtre» : tels sont les mots d’ordre des régimes autoritaires et des groupes armés hostiles à la liberté d’informer.

Répression des mouvements de contestation populaire dans certains pays du monde arabe, étouffement de l’opposition politique, dénonciation et critique dans d’autres parties du globe, sont les différentes situations de violence auxquelles font face ceux dont la vocation est d’informer.

Face à l’insécurité croissante qui frappe aujourd’hui les journalistes, Reporters sans frontières:

  • invite la presse à entamer une réflexion sur la protection des pigistes, fixes et journalistes locaux auxquels elle a recours, ainsi qu’à celle de ses sources d’information et des personnes interviewées.
  • appelle les États à traduire en actes, de façon efficace, les dispositions internationales relatives à la protection des journalistes. Un état des lieux spécifique doit être immédiatement effectué quant à l’application de la résolution 1738 du Conseil de sécurité de l’ONU, plus de cinq ans après son adoption. Les États doivent prendre leurs responsabilités et assumer les obligations découlant des paragraphes 6 et 7 de la résolution. Ces dispositions prévoient des obligations de prévention et de répression afin de mettre un terme à l’impunité des violations du droit humanitaire commises contre les journalistes.
  • demande une révision des statuts de la Cour pénale internationale pour permettre de viser cette catégorie particulière de civils que sont les journalistes, comme cela est déjà le cas pour le personnel humanitaire.

«Les journalistes indépendants, de plus en plus nombreux à couvrir les conflits, ont notamment payé un lourd tribut au cours des quatre premiers mois de l’année. Reporters sans frontières rendent un hommage particulier aux citoyens-journalistes, derniers remparts de la liberté d’informer quand leurs gouvernements s’efforcent de réprimer à l’abri des regards extérieurs. Cameramen et photographes figurent aussi parmi les cibles privilégiées, les régimes répressifs ne connaissant que trop la puissance d’évocation des images et leur pouvoir d’information», précise RSF.

Voir la liste des prédateurs de la presse sur http://fr.rsf.org/#trombiPredateur