Dès le 1er août prochain, plusieurs enseignants devront s’expliquer devant le conseil de discipline convoqué par le ministère de l’Education nationale, suite aux grèves initiées il y a quelques mois. La Convention nationale des syndicats du secteur éducation (Conasysed) qui n’entend pas se laisser faire, a récemment présenté la situation au directeur général de l’OIT.

Après six mois de grève, la Conasysed avait fini par demander, en mai 2017, le départ du ministre de l’Education nationale. © D.R.

 

Pour avoir pris part à la grève initiée par la Conasysed du 31 octobre 2016 au 9 mai 2017, une soixantaine d’enseignants avaient été fichés, le 10 mai 2017, par le secrétaire général du ministère de l’Education nationale. Leur traduction en conseil de discipline devrait intervenir à partir du 1er août prochain. L’organisation syndicale craint de nouvelles radiations. Elle en appelle désormais à l’intervention de la communauté internationale pour tenter de sauver ses membres, parmi lesquels Louis Patrick Mombo, son délégué national administratif. C’est précisément lui qui, jeudi 27 juillet, a écrit au directeur général de l’Organisation internationale du travail (OIT), pour lui présenter la situation au Gabon.

Dans sa correspondance à Guy Ryder, le DG de l’OIT, le leader de la Conasysed rappelle que «la grève est une activité syndicale». Or, cette traduction en conseil de discipline «viole les conventions de l’Organisation» ainsi que la recommandation OIT/Unesco sur la condition du personnel enseignant, notamment en ses articles 47, 48, 49, 50 et 51. Le seul espoir de la Conasysed réside désormais dans l’«intervention urgente» de l’OIT auprès des autorités gabonaises. D’autant que les correspondances adressées au Premier ministre puis au gouverneur de la province de l’Estuaire sont restées lettre morte.

Selon la lettre de notification adressée aux enseignants traduits en conseil de discipline par Léonard Diderot Moutsinga Kebila, le gouverneur de L’Estuaire, il leur est reproché «des manquements à (leurs) obligations professionnelles, notamment des absences prolongées et non justifiées au poste». A Libreville, le conseil de discipline, annoncé du 1er au 4 août 2017, sera présidé par le gouverneur.