En prélude à l’Examen périodique universel (EPU) sur la situation des droits de l’homme au Gabon, les organisations de la société civile gabonaise ont initié, le 16 février à Libreville, une consultation dont le rapport sera transmis au niveau international, en vue de contrebalancer le «rapport officiel» du gouvernement gabonais.

Les OSC nationale en pleine consultation, le 16 février 2017 à Libreville. © Gabonreview

 

D’ici au mois de juillet prochain, le gouvernement gabonais devrait faire parvenir au Conseil des droits de l’homme des Nations Unies, son rapport sur la situation des droits de l’homme dans le pays. Ce document sera notamment apprécié dans le cadre de l’EPU, prévu avant la fin de l’année 2017.

Un rendez-vous organisé tous les quatre ans et demi, auquel prendront également part les organisations de la société civile (OSC) nationale. Dans cette perspective, Brainforest et la Dynamique OSCAF-Gabon ont organisé, le 16 février à Libreville, une consultation en partenariat avec Civicus (Alliance mondiale pour la participation citoyenne, basée à Johannesburg, en Afrique du Sud).

Scène des travaux, avec (en haut) Me Homa Moussavou, Blanche Simonny Abegue et Marc Ona. © Gabonreview

Si les OSC gabonaise n’auront pas officiellement la parole lors de la 28e session de l’EPU aux Nations-Unies, Blanche Simonny Abegue, la coordinatrice Gabon de la Dynamique des organisations de la société civile de l’Afrique centrale (OSCAF), n’assure pas moins que leurs travaux compteront à Genève (Suisse). D’autant que le rapport qui en sera issus «servira à alimenter le rapport national» qui, en principe, devrait intégrer leurs recommandations.

Sauf qu’à cinq mois du dépôt du rapport de l’Etat gabonais, les consultations du gouvernement sur la situation des droits de l’homme à travers le pays n’ont jamais démarré. Pis, les recommandations faites au pays lors de l’EPU de 2012 n’ont pas été suivies d’effets jusqu’à lors, rappelle Blanche Simonny Abegue.

Dès lors, pour Marc Ona Essangui, le rapport de la consultation des OSC nationale servira à faire retentir «un autre son de cloche» que celui du gouvernement gabonais à Genève. Dans son exposé sur le rôle de la société civile dans la promotion et la défense des droits de l’homme, le secrétaire exécutif de l’ONG Brainforest a notamment rappelé que leur mission «est de surveiller et de dénoncer les travers des dirigeants, tout en éduquant, renseignant et renforçant les capacités des citoyens sur la question des droits de l’homme». D’où l’intérêt qui leur est porté depuis ces dernières années par les ONG internationales. «Nous sommes un contre-pouvoir mais pas contre le pouvoir», a précisé Marc Ona Essangui.

Pour Me Bertrand Homa Moussavou, président de la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH), le pouvoir devrait tenir compte de la société civile, s’il veut donner les gages d’un pays préoccupé par le respect des droits humains. Cependant, ni la CNDH ni les OSC nationale ne semblent bénéficier d’intérêt auprès des autorités gabonaises. «Je travaille bénévolement», regrette Me Homa Moussavou. Blanche Simonny Abegue, rappelle qu’en 2012 déjà, la société civile faisait office de «figurante» aux côtés de la délégation gouvernementale à Genève. Pour le prochain EPU, la voix des OSC nationale devrait compter grâce à l’ONG Civicus.

La consultation des OSC sur la situation des droits de l’homme au Gabon a notamment porté sur l’examen du nouveau code de la communication et son impact (Harold Leckat), sur le droit à l’éducation au Gabon (Jean Rémy Yama et Simon Ndong Edzo), sur la situation actuelle des droits de l’homme au Gabon (Georges Mpaga) et sur l’aperçu des principaux textes ratifiés par le Gabon (Franck Ndjimbi).