Motivées par «la destitution d’un régime dictatorial et le rétablissement de la vérité des urnes», des manifestantes gabonaises ont protesté, le 14 mars à Genève, contre le régime d’Ali Bongo. Une manifestation initiée au moment où se tient la 37e session des droits de l’Homme de l’Onu.

Des Gabonaises en manifestation à Genève, ce 14 mars. © Facebook/Laura Marceau

 

Parties de Paris la veille, en passant par Lyon, des manifestantes gabonaises sont arrivées le 14 mars à Genève, où elles ont initié un mouvement de protestation contre le régime d’Ali Bongo, en face du siège de l’Office des Nations unies (Onug). Un mouvement de protestation initié au moment où se tient la 37e session des droits de l’Homme de l’Onu, laquelle examinera le cas du Gabon.

«Les Gabonais crient ce matin devant cette instance, parce que nous avons foi en la justice internationale, parce que nous voulons la liberté de nos fils. Voilà pourquoi nous sommes là ! Ecoutez les cris du peuple gabonais, qui est opprimé et muselé : les droits de l’Homme sont bafoués au Gabon», a déclaré une manifestante.

Dictée par «la destitution d’un régime dictatorial et le rétablissement de la vérité des urnes», la manifestation a pris pour cible le président gabonais. «Ali Bongo doit partir, sans délai», «Ali Bongo a tué nos enfants», «Ali Bongo emprisonne nos enfants, nos parents», «Ali Bongo appauvrit nos familles», «L’Onu, tu dois décider de libérer le Gabon», «L’Onu, tu dois décider de faire partir et condamner Ali Bongo», «L’Onu, tu dois décider de libérer les prisonniers politiques»…ont entonné certains leaders, avant la reprise en choeur de ses paroles par la dizaine de manifestantes.

«Ali Bongo a commis des exactions la nuit du 31 aout 2016 en tuant et en emprisonnant nos fils. Nous voulons que justice soit rendue à nos enfants. Ali Bongo a initié des massacres qu’il veut couvrir, nous disons non ! Lui et ses complices doivent être punis. Nous exigeons la fin de la violence au Gabon, la fin des séquestrations arbitraires et, par dessus tout, le renversement de la dictature pour que s’établisse la justice», a lâché un autre leader de cette manifestation.

Pas sûr cependant que les manifestantes soient écoutées. Ou du moins, que leurs requêtes soient prises en compte. Le 9 mars en effet, Fabien Mere, membre de la Coalition pour la nouvelle République autour de Jean Ping, a émis des craintes sur l’adoption du rapport sur le Gabon. «Nous craignons fortement que ce document soit édulcoré parce que nous pensons qu’il correspondra à la pratique diplomatique des choses. Où l’on utilise les mots les moins violents, des euphémismes, pour ne pas dire la vérité crue. Et c’est un peu dommage lorsqu’il s’agit des droits de l’Homme», a notamment déploré l’avocat.

Dans tous les cas, il ne fait aucun doute que le message de la manifestation est bel et bien passé.