Les deux mouvements politiques, l’un de la majorité et l’autre de l’opposition, se disputent la représentation de la jeunesse gabonaise, dont ils disent tous deux défendre les intérêts.

Des jeunes venus lors de la présentation officielle du Fujo, à Libreville, le 19 février 2017. © Gabonreview

 

Qui de la Concertation de la jeunesse gabonaise (CJGA) ou du Front uni des jeunes de l’opposition (Fujo) défend le plus et le mieux les intérêts de la jeunesse gabonaise ? Depuis le weekend dernier, la question se pose plutôt sérieusement au sein des deux structures politiques.

Et si le samedi 18 février la CJGA, mouvement proche du pouvoir en place, a tenu à s’exprimé «au nom de la jeunesse gabonaise», au sujet du futur dialogue politique appelé par le président de la République, c’est parce qu’elle assure la représenter le mieux et défendre le mieux ses intérêts. Cette position lui a vivement été contestée le dimanche 19 février par le Fujo, une plateforme dirigé par des leadeurs de mouvements ayant soutenu la candidature de Jean Ping, à la présidentielle d’août 2016.

Pour le Fujo, dont les membres disent appartenir à «une plateforme de réflexion, de proposition et d’actions en faveur des jeunes gabonais», avec l’«objectif de peser et d’influencer de façon considérable et permanente le débat sur l’échiquier politique du pays», la CJGA ne représente rien d’autre que les intérêts des fils et filles des «vieux barrons de l’émergence» et de ceux des «arrivistes» issus de l’opposition.

Or, «il sied de rappeler que depuis deux ans, l’activité politique est essentiellement dominée par deux personnalités : Ali Bongo et Jean Ping. Il va donc sans dire que la légitimité de parler au nom des jeunes incombe à cette jeunesse ayant joué les premiers rôles autours de ces acteurs», a prévenu le Front, disant ne pas accepter que «des mouvements clandestins et non reconnus s’arrogent le droit et la légitimité de parler au nom des mouvements de la jeunesse associative et politique».

Depuis, la querelle s’est enflammée sur les réseaux sociaux. Les uns mettant en garde et accusant les autres. Le Fujo n’a d’ailleurs pas manqué d’inviter Amos Vivien Péa, leadeur des jeunes du Parti démocratique gabonais (UJPDG) à «prendre ses responsabilités afin de ramener à l’ordre les jeunes de la majorité».

Toutefois, au-delà de leur querelle de leadership, la CJGA et le Fujo se retrouvent sur un point : l’implication des jeunes au dialogue politique à venir. Se sentant exclues, les deux structures ont, au cours de leurs différentes sorties, le weekend dernier à Libreville, appelé le comité ad-hoc de préparation de ces assises à prendre en compte l’avis de la jeunesse à qui, une place doit être accordée autour de la table des discussions. «Sinon aucun dialogue ne se fera», ont prévenu les deux structures, chacune de son côté.