Parti en VRP en France il y a quelques semaines, pour vendre le dialogue politique national d’Ali Bongo, le vice-Premier ministre n’a pas réussi à se convaincre lui-même de l’intérêt de ces assises, qu’il pourrait boycotter.

Bruno Ben Moubamba. © Capture d’écran/ Gabon 24

 

Drôle de stratégie adoptée ces derniers temps par le gouvernement pour vendre à la communauté internationale son dialogue politique national, supposé permettre au Gabon d’«intensifier sa démocratie», après une réélection particulièrement contestée d’Ali Bongo en août 2016.

Mais surtout, drôle de VRP que Bruno Ben Moubamba qui, en février dernier, a parcouru les salons feutrés parisiens et fait le tour des chaînes de télévision et de radio françaises pour promouvoir les assises politiques appelées par son ami et frère devenu, Ali Bongo.

En allant discuter avec des élus français du bien-fondé du dialogue entre l’opposition et la majorité au Gabon, le vice-Premier ministre semble avoir oublié de se convaincre lui-même de l’intérêt de cette concertation que le Conseil des ministres a annoncé pour le 28 mars prochain. Coup de théâtre ou blague de mauvais goût : la deuxième personnalité du gouvernement pourrait boycotter ce rendez-vous. C’est en tout cas ce qu’il a annoncé la semaine dernière.

Le VPM qui dit appartenir à «l’opposition réformatrice», en opposition à celle dite «radiale» supposée être représentée par Jean Ping et ses soutiens, se représente le dialogue politique à venir comme un dialogue «exclusif et non inclusif». Le candidat indépendant à la dernière présidentielle, bien que censé soutenir les efforts de son responsable hiérarchique, le Premier ministre, n’a pas en effet cessé de le torpiller. Peu après le lancement des travaux du comité ad hoc présidé par Emmanuel Issoze Ngondet, Bruno Ben Moubamba disait déjà avoir «le sentiment d’assister […] à un comité central du Parti démocratique gabonais».

Le 10 mars, il a réaffirmé que «si le dialogue (à venir) est juste là pour faire plaisir à ceux qui ont soutenu le candidat à l’abri de la peur et du besoin» il n’irait pas. «Je n’irai plus au dialogue si celui-ci n’est qu’un arrangement entre PDGistes des deux bords alors que les réformateurs de l’opposition soutiennent la stabilité de l’Etat», a prévenu le VPM.

A deux semaines du lancement du dialogue politique, si le VPM réfléchit encore sur sa position, pour l’heure, il se doute bien que tout est fait pour lui porter atteinte. Et selon lui, ses adversaires sont dans son propre gouvernement. En effet, prétend-t-il, il existe au sein du gouvernement «un groupe de “sans foi ni loi” instrumentalisé par un ministre pour détruire le VPM à tous les niveaux».