Jamais le pays ne s’était endetté autant, au point de risquer de franchir les limites fixées par ses partenaires financiers internationaux. La situation ne semble pourtant pas préoccuper outre mesure les autorités.

Le montant global de la dette publique du Gabon est de 4 110,4 milliards de francs CFA au 1er semestre 2017. © Gabonreview/shutterstock.com

 

4 110,4 milliards de francs CFA ! Tel serait, à en croire la direction générale de l’Economie et de la Politique fiscale, le montant global de la dette publique du Gabon au premier semestre 2017. Les chiffres qui ont récemment été relayés par la presse nationale laissent voir que ces crédits en cours ont explosé durant les six derniers mois. L’on parle précisément d’une augmentation de 26%, qui représentent jusqu’à 64% du PIB national, quand le taux autorisé par la Cemac est de 70%.

Cette situation préoccupe-t-elle les autorités gabonaises ? Pas si sûr. D’autant que tout irait pour le mieux. Ces derniers mois, le gouvernement n’a d’ailleurs pas cessé de prononcer des phrases positives comme pour tenter de rassurer les sceptiques : «le taux d’endettement est soutenable», «nous bénéficions de la confiances de nos partenaires financiers internationaux», «le FMI nous accompagne et porte un regard attentif sur tous les emprunts que nous émettons». Depuis, le même gouvernement n’a pas cessé d’ajouter de la dette à la dette, y compris pour régler celle-ci.

Récemment encore, le Gabon a annoncé de nouveaux emprunts auprès de la Bad et la Bird d’un montant global supérieur à 307,4 milliards de francs CFA. Le motif évoqué par le Conseil des ministres : le financement des réformes économiques lancées il y a quelques mois. Mieux, le gouvernement gabonais a lancé, le 17 novembre, un nouvel emprunt obligataire dans la zone Cemac. Montant espéré : 100 milliards de francs CFA qui, assure le ministère de l’Economie, devraient permettre de financer, entre autres, la construction et l’équipement des salles de classe, et d’achever le chantier de l’axe routier PK5-PK12, les fameux 2×2 voies dont les travaux ont commencé depuis le premier mandat d’Ali Bongo. Cet emprunt, dit-on, devrait également servir à rembourser une partie de la dette intérieure.

La bonne volonté et la sérénité du gouvernement face à cette explosion de la dette, les contempteurs du pouvoir n’y croient pas beaucoup, et n’hésitent plus à accuser les autorités gabonaises d’orchestrer «le sacrifice» de la génération future. «Ce sont nos enfants et nos petits-enfants qui paieront», préviennent certains, quand d’autres estiment que le Gabon ne s’était jamais autant endetté avant l’arrivée d’Ali Bongo au pouvoir. Or, de véritables réalisations sur le terrain tardent toujours à voir le jour.

Selon la direction générale de l’Economie et de la Politique fiscale, rapportée par le site directinfosgabon.com, la dette extérieure a gagné des points (+9,2%); la dette intérieure a quant à elle explosé, jusqu’à +14% sur les six derniers mois de l’année en cours.