Des responsables religieux ont entrepris de créer une plateforme de réflexion et de médiation sur la situation sociopolitique du Gabon. Ils entendent travailler à apaiser le climat qu’ils jugent tendu plus de quatre mois après la dernière présidentielle au Gabon.

Des responsables religieux en travaux, le 21 février à Libreville. © Gabonreview

 

A l’initiative du Rassemblement des républicains indépendants (RRI), plusieurs responsables, pour la plupart issus d’églises dites de réveil et évangéliste, ont lancé les travaux devant aboutir à la création d’une plateforme de réflexion et de médiation sur la situation sociopolitique actuelle. Ces travaux lancés à Libreville, le mardi 21 février, font suite à l’appel lancé par Thierry Alain Moukwangui Madoungou, le président du RRI, le 29 décembre 2016. «Il est de la responsabilité des ministres du culte, en tant que conducteurs d’âmes, de ramener la paix et l’amour dans les cœurs des hommes», avait alors rappelé le responsable politique, présenté par ses collaborateurs comme un fervent chrétien.

Thierry Alain Moukwangui Madoungou (haut), réitérant son appel aux religieux. © Gabonreview

«C’est une première dans le pays, s’est réjoui un des invités, que des responsables de communautés religieuses différentes soient directement interpelés par des hommes politiques, pour qu’ils répondent à l’urgence de la situation de notre pays. C’est une première qu’on leur donne la possibilité d’exercer une de leurs missions autour d’une plateforme, dont eux-mêmes précisent les contours.»

Au moment où les travaux de préparation du dialogue politique national sont en cours de finalisation, le président du RRI assure que la future plateforme de médiation et de réconciliation n’a pas pour ambition d’organiser «le dialogue des dialogues». Pour lui, il s’agira d’«amener à la table de discussion les différentes parties opposées, pour tenter de trouver une solution à la crise que traverse le pays» depuis l’élection présidentielle du 27 août 2016. En cela, a-t-il estimé, les responsables des communautés religieuses sont les mieux placés. D’autant qu’«ils prônent l’amour du prochain et le pardon». Or, «si les responsables religieux se mettent ensemble, a promis Thierry Alain Moukwangui Madoungou, ils peuvent influencer le reste de la population pour aboutir à un accord et à instaurer la paix».

Toutefois, la future plateforme va déjà avec un sérieux handicap. Jusqu’à lors, peu de communautés religieuses ont répondu à l’appel du RRI. On relève notamment l’absence des représentants de l’église catholique et ceux de la communauté musulmane. Mais au RRI, on assure que l’effectif grandira. Du moins, son président l’espère.