Quinze anciens cadres et partenaires de La Poste SA sont gardés à vue depuis le week-end dernier. Ils sont soupçonnés de malversations diverses ayant occasionné la quasi-banqueroute de la structure publique.

Détails de la Une de l’Union du 10 janvier 2016. © Capture d’écran/Ph. Aristide Moussavou

 

Ce sont dix anciens cadres, deux partenaires agréés et trois usagers de La Poste SA qui ont récemment été entendus par la police judiciaire puis gardés à vue. Selon le quotidien l’Union qui a relayé l’information depuis le 9 janvier, les quinze individus sont cités par la justice dans l’affaire relative à la crise enregistrée par la structure depuis plus d’un an. Ils sont accusés de malversations diverses ayant occasionné la quasi-banqueroute de cette structure dont l’Etat est le principal actionnaire.

Au nombre des présumés, l’on compte des responsables (anciens ou encore en fonction) des différents services (Mandat express, Postranfer, contrôle interne, Post Immo, comptabilité, opérations, caisses, inspection générale, etc.). L’enquête ouverte par le parquet du tribunal de première instance de Libreville devrait déterminer la responsabilité de chacun des gardés à vue, ainsi que le degré d’implication de certains cadres non inquiétés pour le moment.

A l’heure où l’affaire dite de La Poste SA prend un tournant judiciaire, certains ne manquent pas d’interroger une nouvelle fois la responsabilité de l’ancien P-DG, Alfred Mabika-Mouyama. S’il est difficile de croire qu’il n’ait rien su de ce qui se passait dans la structure dont il avait la charge, l’ancien responsable, aujourd’hui à l’étranger, n’a pas hésité à bander les muscles en novembre dernier, disant être «prêt à mourir pour (son) livre», dans lequel il dit sa part de vérité sur la crise de La Poste SA. Nul doute que les enquêteurs l’entendront également pour faire toute la lumière sur cette affaire, dont les usagers n’ont pas fini de subir les fâcheuses conséquences.

Toutefois, certains doutent que les investigations aillent plus loin que ces premières gardes à vue. Plusieurs personnalités encore en fonction dans la haute administration pourraient se voir mêler aux malversations et autres détournements enregistrés à La Poste SA. Beaucoup doutent alors que la justice aille jusqu’à leur interpellation puis leur incarcération. Tout reste donc à voir.