Les enseignants membres de la Convention nationale des syndicats de l’éducation nationale (Conasysed), ont décidé le 3 mai 2017, de reprendre le chemin des salles de classes dès le mardi 9 mai. Une posture plutôt surprenante, au regard de l’issue des préalables de cette organisation.

Le délégué national, Simon Ndong Edzo. © D.R.

 

Les enseignants membres de la Convention nationale des syndicats de l’éducation nationale (Conasysed), ont décidé en assemblée générale le 3 mai dernier, d’emboîter le pas à leurs collègues membres du Syndicat national de l’éducation (Sena), en suspendant leur mouvement de grève démarré depuis plus de six mois.

«Les enseignants sont invités à reprendre les cours sur toute l’étendue du territoire national dès le mardi 9 mai 2017.»

Toutefois, cette reprise n’est pas totale car la Conasysed compte observer le mouvement de grevé décrété par la Dynamique unitaire dont elle membre. « Compte tenu de l’observation de cette grève désormais tous les lundis, dès le 8 mai 2017, les enseignants doivent se retrouver en assemblée générale ou en piquet de grève», a indiqué le délégué général de la Conasysed, Simon Ndong Edzo.

Cette soudaine posture ne violerait-elle pas la condition sine qua none réaffirmée le 11 avril dernier par les enseignants membres de cette Convention nationale des syndicats de l’éducation nationale ? En effet, sans le rétablissement des salaires «illégalement suspendus» de 807 plus, la réhabilitation des 19 enseignants radiés et la réhabilitation de la Conasysed «illégalement dissoute» depuis le 17 mars 2017, aucun retour de la sérénité propice aux véritables négociations, susceptibles de trouver des solutions durables à la crise du secteur éducation, en devrait être envisagé, avait affirmé la Conasysed.

Selon l’assemblée générale du 3 mai dernier, cette décision est confortée par le paiement des vacations 2016 et des arriérés de la prime d’incitation à la performance (PIP) 2015, nonobstant plusieurs cas d’omissions. Cependant, en attendant la suite des différentes procédures en cours devant les juridictions compétentes, l’assemblée générale a décidé d’entériner l’observation du mouvement du «lundi ville morte» jusqu’à la réhabilitation de la Conasysed. Ils exigent également le rétablissement intégral des salaires de 826 enseignants suspendus, avec restitution des sommes ponctionnées ; le retrait de l’attestation spéciale de présence au poste ; l’annulation des affectations et mutations arbitraires des délégués syndicaux de la Conasysed ; l’ouverture des négociations avec le gouvernement et la levée de la menace de radiation illégale des enseignants.

«En cas de non prise en compte des préoccupations de la Conasysed susmentionnées, elle se réserve le droit de revenir à une grève totale et d’appeler au boycott des examens et concours de fin d’année», a avisé le délégué général de la Conasysed, condamnant l’irruption des hommes en cagoules au domicile du délégué provincial de la Conasysed du Moyen-Ogooué, Biyeghe Kevin et la menace de liquidation physique des leaders syndicaux de la Conasysed.

Le départ du ministre de l’Education nationale, Florentin Moussavou, exigé avant toute reprise de négociations avec le gouvernement n’est plus à l’ordre du jour.