La direction générale de La Poste SA a conditionné la reprise des négociations avec le Syndicat national des postiers (Synaposte), le 12 mars à Libreville, par la mise en conformité du bureau du syndicat.

Des agents de la Postebank, au siège de Libreville, observant un mouvement de d’humeur. © D.R.

 

Lancé le 5 mars à Libreville, le dernier mouvement d’humeur des agents de la Postebank pourrait ne pas s’arrêter de sitôt. Et pour cause, la direction générale de la société publique a invité, le 12 mars, le Syndicat national des postiers (Synaposte) à renouveler son bureau. En d’autres termes, la direction générale n’engagera aucune discussion si l’actuel bureau du syndicat, qualifié d’«illégitime», reste en l’état.

«Il a été demandé au syndicat de la poste de revoir son bureau qui se renouvelle chaque 30 mars, afin d’être toujours légitime, au cours de l’ensemble des discussions qui se veulent internes», a déclaré l’inspecteur coordinateur de La Poste SA, relayé par le média en ligne info241.com. «Une préoccupation qui n’a pas trouvé un écho favorable auprès des personnes concernées», a regretté Jean-Christophe Makanga.

D’autant que, a-t-il ajouté : «Le mandat de l’actuelle équipe syndicale est arrivé à son terme. Mieux, certains membres, dont le secrétaire général, ont fait valoir leurs droits à la retraite». Ce dernier n’a pas manqué d’évoquer la plainte du patron de La Poste SA contre cinq membres du Synaposte. Une initiative à l’origine de l’actuelle grève des agents syndiqués. «La plainte a été déposée avant la médiation et n’a donc aucun rapport avec les activités syndicales», a-t-il affirmé.

«Depuis que la Poste connaît des soucis, elle est accompagnée par l’Etat régulièrement dans le paiement des salaires. A ce propos, le seul mois dû aux agents est le mois de février», a ajouté Jean-Christophe Makanga. Réagissant à la demande de la direction générale, le Synaposte s’est montré catégorique : la direction générale n’est pas apte à fixer la durée de mandat du syndicat et des départs des agents fonctionnaires à la retraite.

«Lors des discussions tenues sous médiation, il a été admis que la direction s’est trompée en envoyant des fonctionnaires en pré-retraite, en visant l’article 75 du code de sécurité sociale», a déclaré le président du Synaposte. «Elle n’a pas respecté la signature de convention dans laquelle, elle s’engageait à payer les salaires régulièrement aux agents, et à ne pas poursuivre les syndicalistes», a insisté Jacques Ikapi.

Vu la tournure des événements, les négociations entre les deux parties sont visiblement loin de reprendre. Depuis l’entrée en grève du Synaposte, le 5 mars, le gouvernement, en l’occurrence le ministère de tutelle, est resté muet sur la question.