Le milliardaire anglo-soudanais dénonce les révélations faites, notamment par la justice française, concernant les leaders africains, coupables supposés de faits de corruption. Alors que les corrupteurs et les trajets de l’argent de la corruption ne sont pas connus.

Mo Ibrahim voudrait aussi que les corrupteurs et les trajectoires de l’argent de la corruption soient révélés. © D.R.

 

Exaspéré par des dénonciations sur des faits de corruption imputés aux leaders Africains, l’homme d’affaires anglo-soudanais veut que les corrupteurs soient également mis en cause. Dans une interview accordée le 7 avril dernier à l’AFP, il s’en prend singulièrement à la France.

Le milliardaire s’insurge contre cette pratique consistant à n’exposer que les leaders africains supposés corrompus. «Mais combien de Français impliqués dans des affaires de corruption en Afrique sont passés devant des tribunaux? Zéro. Les leaders africains se corrompent-ils seuls?», a-t-il ironisé.

Une curieuse façon d’agir, s’offusque l’auteur du prix Mo Ibrahim. Il estime qu’ « il faut se demander qui sont les complices de la corruption en Afrique, ces hommes d’affaires qui corrompent les leaders africains ». Pour lui, la destination de l’argent de la corruption doit également être révélée. « Nous ne voulons pas que la communauté internationale présente devant la justice les leaders africains corrompus, nous voulons savoir où va l’argent de la corruption ».

Cette gangrène de la bonne gouvernance en Afrique continue bien malheureusement de creuser son sillon. Et comme toujours, seuls les corrompus sont connus. Pas sûr qu’avec ce procédé, le phénomène s’estompe.

Le milliardaire Mo Ibrahim a accordé cette interview en marge du Forum organisé chaque année par sa Fondation Mo Ibrahim. Il s’agit d’un week-end destiné à « identifier les enjeux politiques clés du continent ». L’événement qui est à sa dixième célébration a réuni à Marrakech, au Maroc, du 6 au 9 avril 2017 plusieurs personnalités politiques et du monde des affaires.

Auteur : Alain Mouanda