113 millions de médicaments illicites et potentiellement dangereux ont été saisis en l’espace de 10 jours dans 16 ports d’Afrique, dans le cadre d’une opération conjointe conduite par l’Organisation mondiale des douanes et l’Institut international de recherche anti-contrefaçon de médicaments.

Les médicaments illicites et potentiellement dangereux. © Image d’illustration.@ AFP

L’opération conjointe de l’Organisation mondiale des douanes (OMD) et l’Institut international de recherche anti-contrefaçon de médicaments (IRACM), baptisée «Action against counterfeit and illicit medicines» (ACIM), réalisé du 5 au 14 septembre 2016, dans 16 administrations douanières africaines, a livré son verdict le 23 janvier dernier. Les chiffres de issus de cette opération inquiètent et ne manquent pas d’interroger la responsabilité des autorités des différents pays concernés.

Selon les résultats issus de cette actionmettant à jour le trafic juteux de faux médicaments, 113 millions de médicaments illicites ou contrefaits ont été saisis dans 16 ports maritimes africains, dans150 conteneurs sur les 243 inspectés. Estimés à 52 millions d’euros, soit plus de 34,1 milliards de francs CFA, ces produits nocifs proviennent en grande partie de la Chine et de l’Inde. Ils seraient responsables de la mort de 700 000 personnes chaque année sur le continent africain.

Les traitements de première nécessité constituent la majorité des faux produits pharmaceutiques interceptés. Parmi eux, des médicaments antipaludéen (26,63%), anti-inflammatoires (25,50%), des antibiotiques (15,07%), des analgésiques (13,05%). Selon l’OMD et l’IRACM, les plus importantes interceptions ont été faites au Nigéria, au Bénin, au Kenya et au Togo.

«Cela met la vie de millions de personnes en danger car celles-ci ne savent pas qu’elles ont affaire à des faux médicaments. Sans compter que les faux antibiotiques peuvent être responsables de la montée d’antibios-résistances. Nous sommes face à des trafiquants sans scrupules qui savent qu’actuellement, il est très difficile de remonter jusqu’à eux», a déclaré le directeur de l’IRACM, Bernard Leroy.

Selon l’Institut international de recherche anti-contrefaçon de médicaments, en quatre opérations, près de 900 millions de produits pharmaceutiques ont été saisis.