Face à la difficile situation économique que traverse le pays, bien que félicitant le gouvernement pour ses efforts, l’ancien ministre de l’Economie numérique et de la Poste reconnaît que «des correctifs» peuvent être faits.

L’ancien ministre de l’Economie numérique et de la Poste Pastor Ngoua N’neme. © Gabonreview

 

Pastor Ngoua N’neme voudrait-il la place de Régis Immongault ? Si rien ne permet d’affirmer une telle prétention, les récentes sorties de l’ancien ministre de l’Economie numérique et de la Poste, sur sa page Facebook, n’ont pas manqué de susciter quelques interrogations sur ses réelles ambitions, notamment sur son désir de revenir au gouvernement. En effet, après avoir critiqué l’initiative des membres de l’ancien Mogabo, parmi lesquels on compte l’actuel ministre de l’Economie, le 10 août, Pastor Ngoua N’neme ne s’est pas refusé à mener une réflexion sur la situation économique actuelle et sa gestion par le gouvernement d’Emmanuel Issoze Ngondet.

S’il a dit n’avoir «jamais caché que la situation de notre pays est grave», il a dit reconnaître également les efforts initiés depuis près d’un an par l’équipe gouvernementale, pour y faire face. «Il est certain qu’on aurait pu faire d’autre choix mais la direction prise est la bonne», a toutefois écrit l’ancien responsable des Douanes et Droits indirects, ancien élève de l’ENA de Paris.

Pour Pastor Ngoua N’neme, «des correctifs doivent être apportés pour rendre économie (gabonaise) plus résiliente (…) et plus compétitive». L’ancien enseignant vacataire à la FDSE (UOB), à l’INSG et à l’IEF de citer «la diversification» qui, selon lui, permettra au pays de surmonter rapidement les potentiels chocs et perturbations, à l’instar de l’effondrement du prix du baril de pétrole il y a plus de deux ans. Mais il a aussi préconisé «la constitution de chaînes de valeur qui permettent de retenir l’essentiel de la valeur ajoutée chez nous, à la formation et l’amélioration de l’employabilité des travailleurs gabonais».

Mieux, pour l’ancien ministre, «apporter des correctifs, c’est (aussi) diminuer le train de vie de l’Etat, notamment ses consommations dont le papier, les fournitures en général, dont on sait qu’elles font l’objet de détournements par les agents». C’est enfin «lutter contre ces comportements de passager clandestin, l’incivisme qui conduit à la destruction des biens publics chèrement acquis mais aussi remettre notre pays à niveau en matière d’infrastructures de base (écoles, routes, hôpitaux, eau, électricité, fibre optique…)».

Si ces propositions peuvent être mal prises par certains au sein du gouvernement ou dans l’entourage du président de la République, dans un de ses post, leur auteur a tenu à préciser : «Je ne suis pas dans une phraséologie de guerre politique propre à ceux qui ne reconnaissent aucun mérite aux autres ou qui ont la science infuse, j’essaie seulement de faire avancer et le débat et la compréhension des problèmes.»