Le groupe de hip-hop Movaizhaleine se produira en concert, le 18 février prochain à Paris, sous le thème de la «résistance». L’occasion pour Lord Ekomy Ndong de revenir sur cet événement, largement développé autour du dernier album de son compère, le «Ngozé».

Lord Ekomy Ndong. © 2.bp.blogspot.com

 

A l’instar de nombreuses associations et autres mouvements de Gabonais de France, Movaizhaleine est aussi engagé dans la vague de contestation des résultats de la dernière présidentielle au Gabon. Dans ce sens, le groupe de hip-hop se produira le 18 février prochain à Paris, où il organisera le concert de la «résistance».

A cette occasion, la moitié du duo est longuement revenu avec lbvlife.blogspot.com, sur ce concert qui marquera le retour sur scène du groupe. «”Résister”, c’est ce que l’on fait depuis le premier texte. Non ? S’insurger contre les incohérences de nos pays, notre communauté, nous n’avons fait que ça depuis le début. Notre concert est un acte de résistance ? Oui bien sûr. Puisque l’on chante contre les abus et les violences d’une autorité illégitime», a lancé Lord Ekomy Ndong.

Illustration du duo de Movaizhaleine et vue de l’affiche promotionnelle du concert du 18 février prochain. © D.R.

Concrètement, ce concert s’articulera autour du développement scénique du concept de l’album de Maât Seigneur Lion, l’autre moitié du duo. «C’est pourquoi nous appelons ce concert “le Ngozé”. Dans les traditions gabonaises, un Ngozé est une soirée où l’on soigne, une soirée où l’on invite et l’on honore ceux qui sont partis, une veillée où l’on prie pour le retour victorieux du soleil au petit matin et le tout se fait en parole et en musique, au son de la harpe sacrée… Celle là même qui rythme notre musique depuis le début, encore et toujours», a expliqué Lord Ekomy Ndong.

En effet, le dernier album de Maât le Seigneur Lion plonge l’auditeur dans un univers où traditions initiatiques et rap conscient s’imbriquent de façon cohérente pour le plus grand plaisir des fans et amateurs de hip-hop.

Lord Ekomy Ndong est également revenu sur l’engagement accru du groupe, dans sa démarche contestataire contre le régime au Gabon. «Peut-être que l’on donne cette impression-là parce que aujourd’hui, tout ce que nous avons dénoncé et toutes les sonnettes d’alarme que nous avons tirées prennent leur sens», a-t-il expliqué avant d’ajouter, «le temps donne tristement raison aux cris d’alarme que le logo de Movaizhaleine pousse depuis le premier jour et depuis les premières chansons».

Un engagement très certainement mal perçu par les autorités au Gabon, où un retour du duo n’est visiblement pas d’actualité. «À force de foutre le feu au fin fond de la jungle, on finit par faire débarquer les fauves à Mbeng (…) Les fauves sont aux abords des grandes villes parce que la forêt est en feu. Le projet c’est d’éteindre le feu. Pas d’y plonger. Le feu ne bronze pas. Le feu brûle», a conclu Lord Ekomy Ndong.