La grande maison de la Défense nationale semble ne plus satisfaire les hommes et les femmes qui la composent. Depuis près d’une semaine, le personnel cadre des administrations relevant du ministère chapeauté par Ruffin Pacôme Ondzounga, déplore des manquements malgré les budgets de fonctionnement ou d’investissements alloués.

Défilé de l'armée de terre le 17 août - © D.R.

Ce n’est plus un secret pour personne, même pas pour les agents du ministère de la Défense nationale qui viennent de réaliser que les budgets de fonctionnement ou d’investissements alloués aux différentes entités ne répondent pas toujours aux besoins pour lesquels ils ont été attribués, mais font plutôt l’objet de détournements ou de gestion opaque.

Dans une lettre ouverte transmise au journal “Échos du nord”, le personnel de la Défense nationale dénonce un système de gestion appliqué par le secrétaire général de leur ministère, qualifié d’un poids, deux mesures. «Décidément les vieilles habitudes ont la vie dure, même dans des administrations réputées rigoureuses. En effet depuis ces derniers temps au ministère de la Défense nationale où est le ministre Ruffin Pacôme Ondzounga, secondé par l’inamovible et inoxydable R Mangollo alias «Bob Denard», général d’armée de police reconverti dans la garde républicaine, s’applique le principe d’un poids deux mesures dans la gestion (opaque) des budgets de fonctionnement ou d’investissements alloués aux différentes entités des Forces de Défense» écrit l’hebdomadaire.

Selon le personnel, la ligne budgétaire allouée à l’achat de moyens roulants destinés aux personnels cadres de l’état-major général des forces armées (EMGFA), en 2010, avait disparu des services du Trésor aux armées situés au quartier London par la seule volonté d’un ministre sortant. Cela lui avait valu son limogeage. Il a fini par être remplacé par l’actuel ministre. Malgré cela, ces lignes budgétaires ont toujours été reconduites les années suivantes, mais restent sans effet.

«L’explication donnée par ces autorités (explication fournie par quelques conseillers en mal d’inspiration et qui ne tient pas la route) est semble-t-il, que l’État-major général des forces armées n’est pas un “Corps” comme le sont les armées de terre, air, mer, CSP, ALA, DGSSM, DGGM, GENA», indique les cadres de l’état-major général des forces armées.

«Le ministère de la Défense, où travaillent plusieurs cadres issus de ces entités des forces de défense, et qui sont dotés en moyens de mobilité, est-il un corps? l’EMGFA et bien d’autres services négligés ne relèvent-ils pas de la Défense nationale ? Tous savent que l’état-major général des forces armées est, en matière d’opérations, le centre de commandement chargé de la mise en œuvre des moyens logistiques, et de la mobilisation des forces en cas de crise. Le ministère n’étant que pourvoyeur des directives. Alors, pourquoi un poids deux mesures ?», s’interrogent ces agents qui interpellent le chef suprême des armées, Ali Bongo Ondimba, qui semblerait-il, ne serait malheureusement pas bien informé de toutes ces tractations.

«Le chef de l’État sait mieux que quiconque que l’on peut tout faire avec des armes, sauf s’asseoir dessus. Une maxime qu’aimait bien répéter son prédécesseur. Alors, attention aux “écarts de fossé” qui s’installent dans le dispositif de la défense», concluent ces cadres en guise de mis en garde, car on n’est jamais très prudent.

Notons qu’en pour l’exercice 2010-2011, le budget alloué au ministère gabonais de la Défense nationale était de 124,736 milliards de FCFA en légère hausse par rapport à celui de l’exercice 2009-2010 qui était de 124,001 milliards de FCFA.

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