Avec 700 entreprises fermées ces dernières années, la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) est en proie à une raréfaction de ses ressources financières. C’est l’essentiel du message délivré par le Dr Désiré Lasségué à ses collaborateurs, au siège de leur entreprise, quelque temps après le défilé des travailleurs sur le boulevard Triomphal Omar Bongo où ils s’étaient particulièrement distingués.

© D.R.

 

Bonne humeur, convivialité, folie de la fête – c’est ainsi qu’on peut résumer les moments festifs qui se sont déroulés au siège de la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) à l’occasion de la fête du travail. Le Dr Désiré Lasségué, directeur général de l’entreprise, n’a pas voulu perturber cette ambiance bon enfant. Dans son allocution, le patron de la CNSS a salué l’harmonie régnant dans l’entreprise. Il a félicité les agents ayant reçu des médailles du Travail, symbole de fidélité à l’entreprise. Pas question donc ici de saper le moral et la confiance, il s’est agi, pour lui, de «reconnaissance»,  de «remerciements» et de «félicitations» : des notions qui donnent du sens à l’effort et à l’investissement personnels. Mettant ensuite l’accent sur les projets qu’il a pour l’entreprise et le personnel, il en exergue l’un d’entre eux : le plan épargne chômage, une sorte d’assurance-chômage qui devrait, à terme, permettre à des agents touchés éventuellement par des licenciements économiques de mieux s’en sortir. Désiré Lasségué a ensuite évoqué la situation économique nationale marquée par la morosité.

Fermeture de 700 entreprises, temps difficiles pour la CNSS

A ce sujet, Désiré Lasségué a souligné que la CNSS fait face à la baisse drastique de ses revenus, en raison de «la fermeture de 700 entreprises» ces dernières années. Il a, de ce fait, demandé à ses collaborateurs de rester solidaires en attendant que la conjoncture actuelle au plan national s’améliore. Il n’a toutefois pas révélé ce que coûte, en termes de revenus à la CNSS, la fermeture de ces 700 entreprises. Ce qui aurait sans doute permis aux agents d’évaluer ce que perd réellement leur entreprise lorsqu’une entreprise ferme.

Un peu auparavant, le Secrétaire général de l’entreprise, Arsène Lessy Moukandja, était pratiquement allé dans le même sens : «La crise économique que traverse notre pays impacte fortement la stabilité des entreprises, et la CNSS ne se démarque pas de ce tableau. Notre entreprise fait actuellement face à d’innombrables aspérités liées essentiellement à la fermeture des sociétés privées et au très grand nombre de licenciements qui en découlent, ce qui a pour conséquence la baisse drastique des cotisations sociales». Puis, il a salué l’action du directeur général : «je voudrais, à ce sujet, adresser mes plus vifs et sincères remerciements à Monsieur le Directeur général qui, en dépit de ces difficultés somme toute conjoncturelles, s’évertue à maintenir le cap pour la survie de la CNSS». Il a également recommandé une espèce de «trêve» : «Je voudrais en appeler à la conscience et au sens des responsabilités des organisations syndicales de notre institution (…), car une trêve serait nécessaire pour que des solutions durables soient trouvées à vos exigences liées, on le sait, à l’amélioration de vos conditions de vie et de travail». Parmi les agents, nombreux ont apprécié ce «bel exercice de vérité».

Pour une meilleure gouvernance

Pour sa part, s’exprimant au nom de l’ensemble des syndicats, tout en reconnaissant que des avancées sont perceptibles, Jocelyn Ngoma, président du Syndicat national de la CNSS (Syna-Cnss), a demandé une «nouvelle gouvernance» de la CNSS, pour le retour des jours heureux. Une forme de pression insidieuse pour un meilleur management.

La fête s’est poursuivie avec l’animation culturelle. Un groupe venu spécialement de Léconi (département des Plateaux, dans le pays Téké) pour la circonstance a «fait le show» aux cotés des artistes librevillois, à l’instar de Lauriane Ekondo. Si cela peut remonter le moral des agents en «cette période de difficultés», c’est toujours ça de bien ! L’essentiel est de comprendre et d’admettre que l’entreprise ne parviendra pas, cette année tout au moins, à satisfaire certaines de leurs exigences.