Depuis sa réhabilitation, il y a deux ans, aucun des agents du Conseil national de la démocratie (CND) n’a perçu le moindre salaire.

Me Séraphin Ndaot Rembogo, président du CND, le 12 avril 2017 à Angondjé. © D.R.

 

La nouvelle à de quoi surprendre. Pourtant, Me Séraphin Ndaot Rembogo l’assure, il n’y a rien de plus vrai. «Depuis que le CND a été remis en place, c’est-à-dire depuis bientôt deux ans, aucun employé à ce jour n’a perçu le moindre salaire, je dis bien, personne des 50 agents qui ont vraiment frappé à toutes les portes, n’ont perçu ni salaire, ni avance sur salaire, même ceux qui ont été nommés en Conseil des ministres», a déploré le président de l’institution, mercredi 12 avril, profitant de la présence des membres du gouvernement à la cérémonie d’ouverture de la phase politique du dialogue national à Angondjé.

La principale raison de cette situation, il la voit dans le fait que l’administration publique ne soit pas parvenue jusque-là à définir exactement le statut du CND. Tantôt perçue comme une «simple autorité administrative indépendante», tantôt présenté comme une «institution non constitutionnelle», le statut juridique dudit conseil n’a pas été exactement défini jusque-là. «A ce jour, a fait remarquer Me Ndaot Rembogo, les ministères de la Fonction publique et du Budget n’arrivent toujours pas à définir clairement la nature juridique du Conseil national de la démocratie et le statut du personnel qui y travaille». Or, «l’absence de détermination de la nature juridique de cet organe, pose des problèmes qui ont des conséquences sociales importantes».

Pourtant, malgré cette difficile situation aucune grève n’a été déplorée au CND à l’initiative des 50 agents. Le président de l’institution y voit une raison : le «patriotisme» de ces derniers. «Mais pour combien de temps encore ?», s’est inquiété Me Séraphin Ndaot Rembogo, avant d’exhorter les autorités compétentes à regarder «avec objectivité la situation déplorable de ses pères et mères de famille en désarroi».

Si le président est obligé de contenter ses collaborateurs en piochant dans le budget alloué à l’institution, il ne reste pas moins que ce budget n’a jamais été versé intégralement. «En 2015, sur un budget de 600 millions de francs CFA, le CND n’a reçu que 190 millions, soit 29% de cette enveloppe. En 2016, sur un budget de 900 millions, le CND n’a perçu que 320 millions, soit 29% de cette dotation. En 2017, le CND n’a reçu à ce jour que 71 millions, sur une enveloppe prévue de 900 millions de francs.» relate Me Séraphin Ndaot Rembogo.