Abandonnés à leur sort après l’arrêt de leur formation au Centre hospitalier universitaire régional (CHUR) de Trousseau à Tours, en France, les deux médecins espèrent être indemnisés par l’Etat gabonais. La procédure suit son cours au tribunal administratif d’Orléans.

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Porté au grand jour en octobre 2016, l’affaire des déboires administratifs de deux médecins gabonais, anciens stagiaires au Centre hospitalier universitaire régional (CHUR) de Trousseau à Tours, en France, suit son cours. Arrivés il y a un an demi dans le cadre d’une coopération entre le Gabon et la France, Justine et François sont aujourd’hui sans ressources et menacés d’expulsion.

En effet, les deux médecins sont au cœur d’un problème administratif. En octobre 2016, ils sont arrivés au CHUR de Tours pour se spécialiser dans deux domaines médicaux n’existant pas Gabon. Des conventions ont été signées et le Gabon s’est engagé à financer deux années d’études complémentaires de ces deux médecins. La convention prévoyait une phase de stage sur une période de deux ans et une formation à la spécialisation de trois ans.

«Nous devions faire un mois d’observation, histoire de connaître le service et s’acclimater. Après, nous devions être rémunérés comme en tant que médecins internes du centre hospitalier», a expliqué Justine, relayée par tvtours.fr. Or, le Gabon n’a pas honoré ses engagements. Faute de financements, le CHUR de Tours a mis fin à la formation des deux médecins en janvier 2017. Mais au lieu de rentrer au Gabon, les deux médecins se battent. Ils ont notamment adressé des courriers au ministère gabonais de Santé, tout en s’attachant les services d’une avocate.

«Ce que je demande, c’est l’indemnisation qu’ils auraient dû percevoir. Ils auraient dû être payés car le stage a été mené à son terme. Ils sont là depuis 2016 et nous sommes en 2018. Ça fait deux ans qu’ils sont en France, sans ressources, sans rien», a estimé Marie-Christine Tayoro. Pour l’avocate, cette indemnisation permettrait aux deux médecins de ne pas avoir l’impression «d’avoir perdu deux années de leur vie».

Aujourd’hui, les deux médecins ont peur de rentrer car ils sont au cœur d’un conflit politique. Si leur formation a été validée par le ministre de la Santé gabonais de l’époque (Léon Nzouba), elle ne l’a pas été par son successeur. Et comme l’affaire a été médiatisée, les deux médecins craignent désormais des représailles. «Je suis complètement confus parce que j’avais un avenir professionnel assuré. Mais aujourd’hui, je n’ai plus de repères», a déploré François.

La procédure de demande d’indemnisation suit son cours au tribunal administratif d’Orléans. En attendant les deux médecins broient du noir en vivant de boulots, bien en deçà de leurs compétences.