La Chine est l’un des premiers créanciers de l’Afrique, avec plus de 136 milliards de dollars de prêts consentis entre 2000 et 2017, selon l’Initiative de recherche Chine‑Afrique (Cari), cité par la Banque de France, dans son rapport annuel de la Zone franc 2017.

Plus de 136 milliards de dollars de prêts consentis par la Chine à l’Afrique entre 2000 et 2017. © D.R.

 

La Chine s’est hissée au rang de premier créancier de l’Afrique, en une dizaine d’années, en s’appuyant notamment sur ses deux principaux leviers financiers, en l’occurrence la Banque chinoise d’import-export (China EximBank) et la China Development Bank (CDB). Un dispositif complété par des fonds bilatéraux spécifiques comme le Fonds de développement Chine-Afrique (CAD Fund).

Selon l’initiative de recherche Chine-Afrique, citée par la Banque de France dans son rapport annuel de la Zone franc 2017, publié le 8 octobre 2018, depuis l’an 2000, la Chine a déversé plus de 136 milliards de dollars en Afrique sous forme de prêts, contribuant ainsi à stimuler la croissance économique et la création d’emplois dans les pays récipiendaires. Ces prêts adossés à de vastes programmes d’investissements dans les infrastructures, ne sont pas assortis de conditions en termes de gouvernance et de respect des droits de l’Homme. Ils sont cependant souvent assujettis à l’attribution de marchés aux entreprises chinoises et à l’exploitation de ressources naturelles locales.

«Les prêts accordés par la Chine ont bénéficié avant tout aux pays exportateurs de matières premières, en particulier de pétrole. Ils sont souvent allés de concert avec la constitution de partenariats commerciaux étroits, d’attributions de marchés publics ou de concessions pétrolières et minières. Dans la Zone franc, les pays exportateurs d’hydrocarbures de la Cemac (Cameroun, Congo, et Guinée équatoriale) ainsi que les détenteurs de gros chantiers en UEMOA (Côte d’Ivoire et Sénégal) sont les principaux bénéficiaires des prêts chinois», relève le rapport annuel de la Zone franc 2017.

De même, selon la Cari, les conditions financières des prêts accordés diffèrent selon la nature des partenaires (États ou entreprises privées). Les taux d’intérêt des prêts octroyés par des banques publiques sont souvent conditionnés par une exécution chinoise du projet financé et un tiers des prêts sont garantis par des produits d’exportations (pétrole et minerais). Les entreprises privées, dont la part croît rapidement, accordent des crédits à des taux en moyenne non concessionnels sur des maturités plus faibles.

Ainsi, selon la Banque de France, la part de la Chine dans les flux d’endettement extérieur de l’Afrique est passée de 28 % en 2005 à environ 46 % du total en moyenne sur la même période. Les prêts aux zones UEMOA et Cemac représentent en Afrique subsaharienne respectivement 6 % et 10 % du total des prêts octroyés aux gouvernements et aux entreprises publiques par la Chine sur l’ensemble de la période 2000-2017.