Selon la première enquête du syndicat mondial des joueurs (FIFPro) menée à l’échelle mondiale, la ligue nationale de football (Linaf) a la plus forte incidence de retards salariaux sur54 pays et 84 ligues dans le monde.

© soccerpro.com

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Le rapport mondial sur l’emploi 2016 de la FIFPro dévoilé le 29 novembre 2016 se penche sur les conditions de travail des footballeurs professionnels d’une façon entièrement nouvelle. Selon cette étude qui vise à mieux faire connaître les réalités des footballeurs en vue de mieux comprendre et d’améliorer les conditions dans ce secteur, 81% des joueurs du national football sont Gabonais.

Cette enquête qui prend en compte dans le cas du Gabon, l’avis de 140 joueurs interrogés, confirme d’abord l’extrême inégalité des salaires dans le football national. En effet, 38,6% de footballeurs percevant entre 0 et 185.018 francs CFA; 34,3% ont un salaire compris entre 186.000 et 370.021 francs CFA ; 1,4% perçoivent un salaire entre 18,500 millions et 36,996 millions de francs CFA. En plus de ces grosses différences de revenus, beaucoup de joueurs sont exposés à des retards de paiement de leur salaire. La FIFPro parle même d’une «épidémie mondiale». Le phénomène touche les footballeurs évoluant dans les pays où le droit du travail est le moins réglementé. Au Gabon, 96% accusent un retard de paiement des deux dernières saisons. «Les joueurs subissent des conditions précaires et indignes», a déclaré l’Association nationale des footballeurs professionnels du Gabon (ANFPG), qui veut un contrat standard fixant les exigences minimales.

S’agissant de contrat de travail au Gabon où le football est professionnel depuis 2012, la durée moyenne d’un contrat est de 21 mois. 62% de football n’ont aucune copie de leur contrat, 4% sont des travailleurs autonomes et 22% ont des contrats avec droits d’image, impôt. Cependant 8% sont forcés de s’entraîner seul durant leur carrière, tandis que 23% sont sur transfert avec frais, et subisse une restriction de la liberté de mouvement.

Pression, trucage, harcèlement, santé

L’enquête a également permis de découvrir que 83% de joueurs ont moins de 10 jours de congés payés ; 45% en général, ne bénéficient d’aucun jour de congé par semaine, et seuls 20% ont une formation professionnelle ou diplôme universitaire. L’étude montre également que 49% sont insatisfaits de l’assistance médicale offerte par les clubs; 66% connaissent une insécurité sur l’emploi comme footballeur. Par ailleurs, 16% sont victimes de violence par les fans, et 14% subissent des intimidations ou des harcèlements (par le personnel ou par le fan club).

«Nous avons maintenant une base d’indicateurs pour les réformes qui sont nécessaires dans l’industrie du football. Salaires en retard, transferts forcés, et entraînement à l’écart, tout cela doit appartenir au passé», affirme le Secrétaire général de la FIFPro, le Néerlandais Theo Van Seggelen. «Le nouveau président de la Fifa, Gianni Infantino a annoncé qu’il voulait travailler avec les professionnels pour mettre en place cette réforme indispensable. Ce rapport doit en être le point de départ», a-t-il indiqué.