En février dernier, lors d’un mouvement d’humeur dans l’entreprise, les employés syndiqués indiquaient, sur une banderole, que «le CGC n’a pas de problème d’argent, il a un problème de management», mettant ainsi en exergue la gestion de l’entreprise par son directeur général. 

Liliane Ngari, patronne du Conseil gabonais des chargeurs (CGC). © cgc-gabon.com

 

Est-ce effectivement un problème de management ? Tout porte à le croire au vu de l’actualité récente à Batavéa. Le 14 mai 2018, Liliane Ngari procédait au licenciement de 13 agents de l’entreprise. Pour «faute lourde», sans que celle-ci ait été expressément indiquée dans la note. Les intéressés apprirent cette décision par une note d’information. Ils n’ont jamais été entendus par un quelconque conseil de discipline, ni même été informés d’un avertissement ou d’un blâme par… une note d’information.

Après plusieurs mois de négociations et de concertation en présence des inspecteurs du Travail et de représentants du ministère des Transports et de la Logistique – tutelle du Conseil gabonais des chargeurs (CGC) –  il était convenu que les treize travailleurs licenciés devaient être réintégrés au sein de l’entreprise, en raison du «caractère abusif» de leur licenciement.

Le siège à Libreville du CGC. © Google Images-P.K. Nzoghé

Laisser Liliane Ngari continuer de couler impunément un des fleurons de l’économie nationale ?

Depuis lors, les responsables du syndicat-maison et leurs camarades se voient refuser l’accès de l’entreprise par le directeur général. Liliane Ngari Onanga Y’Obéghé est formelle : si elle ne reçoit pas les excuses des agents licenciés, ceux-ci ne réintégreront pas la boîte !  Cette intransigeance, ce durcissement, de la «chef» du CGC est d’autant plus incompréhensible qu’à la suite de l’Inspection du Travail, les deux ministres de tutelle s’étant succédé au ministère des Transports ces derniers mois l’ont appelée à «mettre de l’eau dans son vin» afin que la situation s’apaise dans l’entreprise.

Cette intransigeance d’une «chef» pas du tout exemplaire dans sa gestion des ressources de l’entreprise se fait au mépris des décisions des autorités compétentes en la matière (l’Inspection du Travail) et des instructions du ministre des Transports et de la Logistique. «Liliane Ngari est arrogante vis-à-vis de nous les employés et elle méprise sa tutelle. Pour elle, qui est Ndoundangoye ? Mais, qu’elle sache que le jour où elle s’en ira, parce que nous savons qu’elle s’en ira un jour, nous allons sabrer le champagne !», affirme un employé non syndiqué qui soutient le combat de ses collègues licenciés.

Pour rappel, le 19 février dernier, les agents du CGC avaient observé un mouvement d’humeur pour protester contre le non-paiement des salaires des deux derniers mois précédents. Le mouvement avait cessé le 5 mars après l’intervention du ministre des Transports d’alors, Arnault-Calixte Engandji, qui avait permis de ramener la sérénité, appelant par la même occasion la direction générale à un dialogue permanent avec les partenaires sociaux. Visiblement, tout ce qui peut contribuer à ramener le calme dans la maison est rejeté par l’équipe dirigeante du CGC !

Question : lorsque ni la tutelle, ni l’inspection du travail ne sont entendues par un chef d’entreprise publique, que fait-on ? Lorsque le dirigeant d’une société d’Etat préfère maintenir un climat délétère au sein de l’entreprise qui fait perdre à celle-ci du crédit auprès des partenaires de la société, que fait-on ? Va-t-on laisser Liliane Ngari continuer de couler impunément un des fleurons de l’économie nationale, du fait de son intransigeance et de son mépris de la tutelle ?