Après le Tchad et la République centrafricaine (RCA) qui ont récemment annoncé l’application de la libre circulation dans la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac), le Gabon leur a emboité le pas ce 20 octobre 2017.

D’un côté, Mezeng, village gabonais et de l’autre, Mongomo, ville équato-guinéenne aux frontières des deux pays © Timothée Donangmaye/VOA

 

Alors que les instances de la Cemac, chargées de la mise en œuvre de la libre circulation s’apprêtaient à sanctionner le Gabon et la Guinée Equatoriale, pour le non-respect des résolutions relatives à l’intégration communautaire, le Gabon a pris les devants ce 20 octobre pour annoncer l’ouverture de ses frontières.

Selon le communiqué daté du 20 octobre, signé de plusieurs membres du gouvernement gabonais en charge du dossier, Libreville affirme qu’«en application des dispositions de l’Acte additionnel n° 08/05 – Cemac – CCE – SE du 25 juin 2005 relatif à la libre circulation dans l’espace communautaire Cemac, le gouvernement de la République gabonaise annonce l’effectivité de ladite mesure à compter de ce jour».

Cette mesure est valable «pour les ressortissants des Etats membres de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cameroun, Centrafrique, Congo, Guinée équatoriale et Tchad), détenteurs d’un passeport ordinaire biométrique, d’un passeport diplomatique ou de service». Ce qui signifie que la carte d’identité nationale n’est pas prise en compte, dans la mesure où elle ne serait pas encore biométrique dans la plupart de ces pays. Seuls «les détenteurs d’un passeport d’une validité d’au moins trois mois» ne seront plus soumis à l’obligation d’un visa d’entrée «pour tous les séjours ne dépassant pas trois mois».

En ouvrant les frontières, le gouvernement gabonais veut répondre à «la volonté de renforcer l’attractivité du pays et son ouverture davantage à l’investissement direct étranger». Toutefois, «les autorités compétentes du Gabon se réservent le droit de refuser l’entrée aux personnes n’ayant pas respecté le délai de séjour lors de leur précédent voyage et aux personnes considérées comme pouvant porter atteinte à l’ordre public, à la sécurité nationale ou à la santé publique».

Au dernier Conseil des ministres, un Régime spécial dérogatoire avait été accordé aux ressortissants des pays du G20 et à ceux du Conseil de coopération du Golfe (CCG) désireux de se rendre au Gabon.