Un an après la détection de sa maladie et un traitement financé et suivi à la Maison d’Alice à Angondjé, Estelle Cathie Mfoula, originaire de la ville de Port-Gentil, a guéri de son cancer du col de l’utérus. Elle partage avec Gabonreview ses souvenirs au sein de la maison de vie, relate son combat et encourage les autres malades.

Estelle Cathie Mfoula, en février 2017 à La Maison d’Alice. © Gabonreview

 

Gabonreview : Quelle est la raison de votre présence ici, à la Maison d’Alice ?

Estelle Cathie Mfoula : Je suis ici parce que je suis malade du cancer du col de l’utérus depuis 2015. Et depuis cette année, je me fais traiter au Centre hospitalier universitaire d’Angondjé (CHUA). Au moment où ma maladie a été détectée, nous n’avions pas un cadre comme la Maison d’Alice. J’ai donc dû suivre mon traitement pendant que je louais une maison à Libreville avec la seule aide de mon mari, avant de repartir sur Port-Gentil faute de moyens financiers. Ce qui a fait que pendant plus d’un an, je n’ai pas fait mes contrôles comme le médecin me l’avait prescrit. C’est d’ailleurs, un jour, alors que j’étais au téléphone avec ce médecin que j’ai eu connaissance de l’ouverture de la Maison de vie, qu’elle m’a conseillé d’intégrer. Elle m’avait expliqué qu’il s’agissait d’une structure construite par la Première dame, Sylvia Bongo Ondimba, qui accueille des malades n’ayant pas de famille ou de lieu d’hébergement à Libreville, pour suivre leur traitement à l’Institut de cancérologie de Libreville.

Vue des bungalows de la Maison d’Alice. © D.R.

Ça fait combien de temps que vous avez intégré la Maison ?

Ça fait un mois et demi que j’ai intégré la Maison d’Alice.

Que pouvez-vous dire de la vie ici. Vous sentez-vous seule ou prise en charge et accompagnée, et comment ça se passe avec les autres malades ?

Avec les autres malades ça se passe bien, et avec le personnel de la maison de vie, nous ne nous plaignons pas. Ils sont là pour nous. C’est comme une famille pour moi et, je l’assure, pour ceux que j’ai trouvés ici aussi. On s’occupe bien de nous, on dort bien, on est bien logés, bien nourris…en tout cas, rien ne nous manque ici. J’ajouterais d’ailleurs que concernant l’examen médical que j’avais à faire, j’ai eu une aide de la Maison d’Alice.

Estelle Cathie Mfoula, en février 2017 à La Maison d’Alice. © Gabonreview

Autrement dit, la Maison a financé votre examen à l’ICL ?

Oui, effectivement. Il s’agissait de l’examen que je n’avais pas pu faire en raison de la limite de mes moyens financiers.

J’ai vu qu’il y avait une salle de sport au sein de la structure. Vous y allez aussi ?

Bien sûr ! Nous participons tous. Ce sont les loisirs dont nous bénéficions ici. Mais en dehors de la salle de sport, nous avons aussi, à côté, une salle où tous les malades se retrouvent pour pratiquer divers jeux de société, tel que le Ludo, tout en profitant d’échanger un peu entre nous quand nous n’avons rien à faire dans nos chambres.

Avez-vous des parents qui sont venus de Port-Gentil pour vous rendre visite depuis votre arrivée ici ?

Seulement mon petit frère qui était de passage à Libreville pour la Can (Coupe d’Afrique des nations de football, ndlr.).

Est-il prévu que vous restiez longtemps ici, compte tenu de votre programme de soin ?

(Rire). S’agissant de mon programme, je vais vous partager ma joie. Grâce à mon traitement radio et chimiothérapie, je suis complètement guérie du cancer du col de l’utérus. Le dernier examen que j’ai fait a démontré que je n’ai plus de problème avec le cancer. L’occasion peut-être pour moi d’encourager ceux qui luttent encore, parce que ce n’est pas facile. Pas facile d’accepter qu’on porte une maladie comme celle-là. Pour moi, ça n’a pas été facile du tout. J’ai pleuré, je me suis découragée, j’ai pensé tout de suite à la mort et plus du tout à la vie. Mais j’ai eu le courage d’affronter mon traitement, j’ai supporté et je m’en suis sortie, aujourd’hui, je suis contente.

Une chambre adulte de la Maison d’Alice. © D.R.

Aussi, rappeler à celles qui ont peur et qui doutent encore, que mon traitement, je ne l’ai pas financé personnellement. En 2015 déjà, alors que ma maladie venait d’être détectée, j’ai pu bénéficier de l’aide de l’association pour la Maison d’Alice, qui a assumé à 100% la charge de mon traitement et des différents examens que j’ai eu à faire sur place au CHUA. Les seuls examens pour lesquels j’ai dépensé mon argent ont été ceux liés à mon bilan.

Quel est le souvenir le plus marquant que vous garderez de la Maison d’Alice en partant ?

Vraiment de bons souvenirs ! Ici à la maison de vie, je me sens comme à Paris. C’est comme si c’était la France pour moi (rire). Le cadre d’accueil, la qualité des chambres, les différentes activités organisées ici, tout est beau. Tout le séjour a été formidable pour moi, d’autant qu’ici, même les responsables de la structure sont bienveillants, gentils. On croirait qu’on se connaissait depuis. Et ça, c’est très appréciable. Avant d’aller en weekend, ils viennent dans toutes les chambres dire au revoir aux malades, et le lundi, leur souhaiter une bonne journée, sans oublier de demander comment ils ont dormi. C’est très beau !