Censée fédérer les populations après les évènements postélectoraux de la dernière élection présidentielle, notamment, la Coupe d’Afrique des nations (Can) 2017 a clairement failli dans cette noble ambition.

Une vue du stade, un mois et demi avant le début de la compétition. © Gabonreview

 

Alors que les plus hautes autorités nourrissaient de grands espoirs autour la Coupe d’Afrique des nations (Can) 2017, l’organisation de la compétition est loin d’avoir atteint les objectifs escomptés. Sur le plan économique, notamment, l’émulation attendue ne s’est pas produite. Un gros manque à gagner pour le pays qui, après avoir investi plusieurs centaines de milliards de francs CFA, a éprouvé toutes les peines du monde à renflouer ses caisses dans l’ensemble des secteurs impactés par l’organisation de cet évènement d’envergure. Le cas de la vente des billets d’entrée au stade, à lui seul a assez révélateur.

Même son de cloche au niveau sportif où les objectifs n’ont pas été atteints. Alors que les demi-finales, au moins, étaient dans le viseur des autorités sportives, c’est en phase de poules que le Gabon a été éliminé. Un échec imputé à l’absence de préparation de la sélection nationale qui, un mois avant le début de la compétition, a changé de coach. Sur le plan organisationnel, en lui-même, beaucoup de ratés ont également été observés. Si les exemples sont légion, les cas les plus patents sont certainement les stades de Port-Gentil et Oyem, non achevés à ce jour.

Au-delà de ces aspects, c’est surtout le côté social qui, pour le plus grand nombre, a clairement précipité l’échec autour de l’organisation de la Can 2017 au Gabon. D’aucun estimant, en effet, que le climat social n’était pas propice à l’organisation, dans le pays, du plus grand évènement sportif sur le continent. En témoigne les grèves à répétition dans la fonction publique avec, en premier plan, l’éducation. La situation était d’autant plus critique que même le secteur privé n’était pas épargné par ces mouvements d’humeur. Avec les projecteurs du monde braqués sur le pays, la Can était une occasion en or pour les grévistes, de porter au grand jour leurs revendications.

Du coup l’engouement populaire a été loin d’être au rendez-vous de cette édition de la Can, sachant l’impact de ce facteur sur les prestations de la sélection nationale. En témoigne les tribunes clairsemées dans les stades lorsque les Panthères n’étaient pas en lice et, mieux, depuis leur élimination. Si les apparences ont été sauvées pendant la finale où les tribunes affichaient complets, de sources concordantes soutiennent que l’Egypte et le Cameroun ont volé aux secours du Gabon en affrétant chacun, pas moins de quatre avions de supporters.

A y regarder de près, tous les ingrédients semblaient réunis pour que les populations ne gardent pas un heureux souvenir de cette manifestation sportive ; bien que le gouvernement et la Confédération africaine de football (Caf) aient fait part de leur satisfaction commune avant, pendant et après la compétition. Déni de réalité ou langue de bois ? La question reste posée et sera certainement d’actualité pendant la Can U17…dans quatre mois au Gabon.