Les leaders associatifs membres du mouvement “Ça suffit comme ça” sont montés au créneau, le 24 août 2012, pour exiger de la part des autorités Gabonaises la libération des détenus politique et l’implication de la communauté internationale dans la résolution de la crise générale qui sévit dans ce pays depuis déjà trois ans selon ces dernières.

Gabonreview.com - Marc Ona, leader médiatique de Ça suffit comme ça - © Jean-Pierre Rougou

À travers un communiqué de presse publié le 24 août dernier, la société civile gabonaise réunis au sein du mouvement “Ça suffit comme ça”, a réagi à la détention des 62 personnes interpellées à l’issue des émeutes de cocotier et qui sont actuellement en attente de jugement fixé pour le 6 septembre prochain, conformément à la décision du Tribunal de Libreville.

«Les détenus politiques actuellement écroués à la prison centrale de Libreville sont soumis à la torture et à toutes sortes de traitements dégradants contraires aux engagements internationaux du Gabon en matière de lutte contre la torture», indique le communiqué du mouvement.

Ces personnes ont comparu le 23 aout 2012 devant le tribunal de première instance de Libreville à huis clos, le Président du tribunal ayant refusé la présence du public. C’est alors que leurs avocats ont claqué la porte et demandé aux prévenus de ne pas coopérer avec un tribunal agissant dans l’illégalité et en violation des principes élémentaires des droits de l’Homme dont les droits de la défense. Ils ont par la suite obligé les détenus à comparaitre en l’absence de leurs avocats.

«Face à cette nouvelle agression contre les libertés fondamentales et à l’emprisonnement de personnes opposées à la gestion catastrophique de l’État Gabonais par le clan BONGO et le système mafieux du PDG, le mouvement Ça suffit comme ça sollicite les gouvernements français, américain, les Nations unies, l’Union africaine et l’Union européenne pour une forte implication dans la résolution de la crise générale qui prévaut actuellement au Gabon et qui résulte d’un déficit démocratique à tous les niveaux de l’échelle de la gouvernance au Gabon», poursuit le communiqué.

Selon les membres de ça Suffit Comme ça, la gestion des autorités à la tête du pays est caractérisée par : «les crimes politiques et rituels ; les crimes économiques marqués par l’accaparement de l’essentiel des ressources par une minorité de personnes corrompues et le pillage généralisé de l’État ; l’incapacité de répondre à la forte demande sociale de la majorité des citoyens qui vivent sous le seuil de la pauvreté ; la répression des opposants, de la société civile et des médias indépendants qui sont régulièrement suspendus ou victimes d’actes de terrorisme ; le mensonge érigé en système de manipulation de l’opinion publique à travers une propagande scandaleuse, digne d’une république bananière et véhiculée par les médias publics au service exclusif de monsieur Ali Bongo et de son parti ; l’utilisation des forces de sécurité et de défense encadrées par des mercenaires étrangers pour réprimer les défenseurs des droits de l’homme et les militants pro-démocratie».

En guise de conclusion, le Mouvement ça suffit comme ça demande aux organismes de défense des droits de l’Homme «d’appuyer l’action de la société civile gabonaise en faveur des détenus politiques des événements du 15 aout 2012 et des personnes assassinées, disparues et victimes de la répression des militaires pendant la crise postélectorale de septembre 2009 à Port-Gentil dont le dossiers est présentement en instruction devant la Cour Pénale Internationale».