Les deux ONG font front commun pour la reprise des missions de terrain du Contrôle d’aménagement forestier (Caf). Le projet a été suspendu le 28 avril dernier par le ministère de l’Economie forestière, invoquant la publication non autorisée de ses premiers résultats.

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Après la suspension des missions du Contrôle d’aménagement forestier (Caf), le 28 avril dernier, par le ministère de l’Economie forestière, les ONG Brainforest et Conservation Justice sont montées au créneau, plaidant pour la reprise de ce projet. Le secrétaire exécutif de Brainforest, pour sa part, a ainsi exhorté le projet Caf à «reprendre les missions de terrain».

Dans le même sens, Marc Ona a condamné avec la dernière énergie, «toutes les manœuvres tendant à freiner le travail des experts de la Caf à même de stopper l’élan déjà engagé pour mettre hors d’état de nuire tous les opérateurs indélicats». En effet, le ministère de l’Economie forestière avait justifié sa décision par des fuites inhérentes aux résultats des missions de contrôle Caf.

Au-delà des fuites déplorées, le département ministériel a également mis en avant d’autres éléments ayant motivé la suspension du projet Caf. Notamment «le défaut de participation des services techniques du ministère qui n’ont jamais renoncé à leurs prérogatives en matière de police forestière, en leur qualité de gestionnaires des ressources forestières» ; ou encore, «la mauvaise appréciation de plusieurs infractions, notamment dans les Diamètres minimum d’exploitabilité (DME) ou encore les cubages».

Estimant que les faits relevés étaient suffisamment graves, l’ONG Conservation Justice, de son côté, a affirmé son engagement dans les procédures enclenchées, soulignant que «les premiers résultats présentés le 26 avril dernier, ont jeté un coup de froid sur l’assistance». L’ONG a ainsi choisi de se porter partie civile, dans les affaires pendantes au Tribunal de Makokou, contre ces sociétés forestières œuvrant dans l’illégalité.

En effet, les premiers résultats de la Caf font état de l’interpellation de 12 individus à Makokou, dans l’Ogooué-Ivindo, dont quatre feraient l’objet de poursuite judiciaire. «Notre but est d’appuyer les efforts réalisés par le Caf et le parquet de Makokou, appuyés également par l’ANPN (Agence nationale des parcs nationaux, ndlr) et de lutter ensemble contre cette exploitation illégale qui impacte gravement l’avenir de cette province et du pays, en termes de bonne gouvernance, de lutte contre la corruption et de développement durable», a lancé le directeur de l’ONG.

Luc Mathot a ainsi exhorté les autorités gabonaises à assurer une bonne gestion de ce patrimoine unique : «Selon nous, ce patrimoine naturel mérite d’être bien géré sur le court, moyen et long terme, le Gabon ayant été avant-gardiste depuis près de 20 ans à travers l’aménagement durable, qui semble malheureusement remis en question par les exploitants illégaux et leur lobbying qui veulent l’exploiter et l’épuiser au plus vite».

Le projet Caf a été mis en place par le Gabon avec le soutien de la France, dans le cadre de l’accord de conversion de dette. Il a pour rôle d’appuyer et de renforcer les capacités de l’administration centrale en matière de contrôle de l’aménagement des forêts. En gros, les missions du Caf ont pour objectifs principaux d’identifier les opérateurs effectivement en activité ; de mesurer les retombées sociales de ces activités, conformément aux cahiers de charges contractuelles ; et, de réaliser l’état actuel des assiettes annuelles de coupes.