Coordinateur général de la Tropicale Amissa Bongo, Benjamin Burlot a été invité à tirer un bilan sommaire de la 13ème édition échue.

Benjamin Burlot. © Gabonreview

 

Gabonreview : 13 ans, c’est l’âge de la Tropicale. Un âge difficile ou un âge d’or ?

Benjamin Burlot : Dans l’histoire des événements, 13 ans c’est un âge entre-deux. On a dépassé les 10 ans qui sont un anniversaire important pour les événements. On n’a pas encore atteint les 20 ans qui montrent qu’un événement est totalement installé. Donc 13 ans, on va dire que c’est l’adolescence de l’événement. Aujourd’hui, c’est vrai que la Tropicale a eu rendez-vous avec l’histoire.

13 ans après la première édition, on a un vainqueur issu d’une équipe nationale africaine. Un coureur amateur de 21 ans. Lors de la première édition, en 2006, personne ne pouvait imaginer ça. On nous a un peu pris pour des fous lorsqu’on imaginait que les coureurs des équipes nationales africaines pourraient rivaliser avec les équipes du Tour de France. Après les victoires d’étapes de coureurs Erythréens comme Nathnael Berhane ou Daniel Teklehaimanot, les gens ont vu les choses différemment. Mais ils ont vite été sociétaires des équipes professionnelles qui ont permis à des coureurs comme Nathnael Berhane, coureur africain professionnel, de remporter la Tropicale. Cette année, c’est un coureur africain amateur qui remporte cette compétition extrêmement disputée, l’une des plus difficiles sur le plan sportif. Voyez-vous le podium ? le deuxième, Damien Gaudin, un très grand coureur de l’équipe Direct Energie, le troisième Nikodemus Holler, un très grand coureur de l’équipe et… en tête un coureur amateur de 21 ans de l’équipe nationale du Rwanda. L’histoire est en marche et c’est la Tropicale Amissa Bongo qui a permis cela. Elle a permis l’essor, la reconnaissance et le développement de tout le cyclisme africain.

On a enregistré, cette année, l’arrivée de nouvelles équipes en provenance de Marseille ou du Portugal. Cela signifie-t-il que la Tropicale gagne en notoriété dans le cyclisme international ?

Bien sûr ! La Tropicale a ses spécificités. Pour les coureurs professionnels, c’est une saison où il ne fait pas très beau en Europe. Ils sont donc contents de venir dans une contrée où le soleil brille comme dans notre pays le Gabon. Maintenant, on a beaucoup de contraintes. On a beaucoup de transferts. On vit une course un peu particulière et, là, les équipes professionnelles ont besoin de s’intéresser à l’esprit, à l’âme donnée de cette compétition. L’âme et l’esprit de la Tropicale, c’est le partage, la rencontre de cyclismes qui sont au départ différents et qui se rejoignent aujourd’hui. C’est ça qui motive aujourd’hui plein d’équipes qui sont à la recherche de cohésion, de sensation. Jean-René Bernaudeau et Direct Energie en sont le plus bel exemple. Ils nous accompagnent depuis de nombreuses années maintenant. Et ils restent aussi toujours fervents défenseurs de cette grande compétition.

Que peut-on dire du point de vue de l’organisation ? Des changements sont intervenus dans l’administration, du côté gabonais. Impactent-ils sur l’organisation ?

Les changements dans l’administration nous ont impacté. Il a fallu recaler un certain nombre de choses. Maintenant, la Tropicale est une grande organisation, professionnelle avec des professionnels qui y sont engagés. Je parle de  toute l’équipe qui est intégrée à cet événement. Qu’ils soient Gabonais, Français ou d’autres pays, on a une équipe de professionnels pour un événement professionnel. Aussi, les entités administratives qui portent l’événement font leur part et l’organisation fait la sienne et ça a permis que cette 13e édition soit une telle réussite.