Depuis plusieurs mois, les habitants de Nzeng-Ayong-Nouvelle-Cité subissent le contrecoup de l’abandon du chantier du bassin versant de ce quartier.

L’arrêt des travaux pourrait entrainer la chute du poteau électrique et des d’énormes dégâts dans le quartier. © Gabonreview

 

Pourtant initié dans le cadre du programme national prioritaire d’assainissement des bassins versants de Libreville et destiné à venir à bout des inondations dans le sixième arrondissement, le chantier du bassin versant de Nzeng-Ayong est à l’arrêt depuis plusieurs mois.

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Sur le chantier, de l’ancien carrefour Nzeng-Ayong au pont de la Nouvelle-Cité, aucun engin de la société Condurill chargée de l’exécution des travaux n’est perceptible. Or, en mai 2017, lors d’un reportage de Gabonreview, les responsables de cette entreprise assuraient être en mesure de livrer cet ouvrage au plus tard en décembre 2017. Que s’est-il donc passé entre temps.

Le chantier est complètement à l’abandon. «C’est forcément un problème d’argent», a lancé un habitant de Dragages désormais obligé de prendre au moins deux à trois taxis pour se rendre en ville.

Comme lui, la plupart des habitants de Nzeng-Ayong, qui ont vu leur budget de transport doublé voire triplé à cause du pont en chantier abandonné de la Nouvelle-Cité, estiment qu’il s’agit d’un problème de financement. «Je crois que ce projet est financé par le fonds européen de développement (Fed). Où est donc cet argent pour qu’on en soit à souffrir autant ?», a interrogé le propriétaire d’une maison située à la lisière du bassin.

Avec l’abandon du chantier, la nature a repris ses droits sur le site. Les hautes herbes ont envahi les espaces censés devenir des voies de contournement. Les eaux pluviales rongent petit à petit la terre autour de cette structure, mais menacent aussi des maisons bordant le canal.

Le pont reliant la Nouvelle-Cité et les autres quartiers, fait en matériaux provisoires, subit le poids de l’usure et commence peu à peu à se désagréger. «Il faut qu’il y ait mort d’homme ici pour que notre gouvernement réagisse», a regretté un sexagénaire, assis dans un bistrot du coin. «Ce pont provisoire a été fait pour pas plus de dix semaines. Maintenant, on va à plus de six mois. Que se passe-t-il dans notre pays pour que nos dirigeants soient si insouciants ?», a-t-il encore lâché.

Les habitants de Nzeng-Ayong subissent durement le contrecoup de l’arrêt de ce chantier, notamment la belle santé des inondations et la densité des embouteillages.

Etalé sur 2,200 kilomètres, le canal du bassin versant de Nzeng-Ayong part de l’échangeur éponyme au Pont de la Nouvelle-Cité. Cofinancé par l’État gabonais et les partenaires techniques et financiers dont la Banque islamique de développement (Bid) et le Fonds européen de développement (Fed), la construction de ce projet comme ceux de Gué-Gué et Lowe-IAI intègre le Programme prioritaire d’assainissement de la ville de Libreville (April), initié par le gouvernement. Il consiste en la réalisation d’infrastructures bétonnées permettant le drainage des eaux pluviales et des eaux usées issues des ménages.

Ce projet d’envergure est estimé à près de 12,5 milliards de francs CFA. La partie européenne devrait contribuer à hauteur de 7,871 milliards de francs tandis que l’Etat gabonais devrait débourser environ 4,6 milliards. A qui incombe la responsabilité de l’arrêt du chantier ? En attendant une éventuelle reprise de travaux, les populations trinquent.