Le chanteur Landry Ifouta vient d’ajouter une corde à son arc : il manage une nouvelle chaîne de télévision sur le réseau de télévision numérique terrestre Sat Con. Dédiée à la promotion de la musique  «qualitative» gabonaise et du Gabon vert, ces programmes devraient incessamment passer en clair.

Assurant avoir composé d’autres chansons depuis la sortie en 2008 de « Mbamba y Mbamba », Landry Ifouta de Mokoko ne fera de plus en plus que de la scène. Se consacrant essentiellement à la promotion d’une nouvelle chaîne de télévision, il affirme ne pas avoir de projet de nouvel album dans l’immédiat.

Son dernier coup d’éclat a été de ramener à 1000 francs CFA le prix de vente de ses CD. Ce dont il se montre aujourd’hui satisfait : «La vente des CD à 1000 francs CFA a eu pour résultat que nombreux ont pu accéder à toute mon œuvre à moindre coût. Sans faire réaliser des vidéoclips coûteux, j’ai pu toucher un maximum de personnes, accroître le nombre de mes fans. Ceux-ci peuvent ainsi écouter toutes mes chansons et pas seulement celles qui passent à la télévision.»

L’artiste n’entend d’ailleurs plus jamais vendre des CD au prix du marché, jugé onéreux pour de la musique locale. «On est en 2012 et on évolue. Il sera bientôt caduque de fabriquer des CD. De plus en plus, la musique s’achète en ligne. Je ne vais donc pas continuer à faire des CD que personne n’achètera. Je risque donc d’évoluer dans cette direction là.»

Les nouvelles technologies de l’information et la communication, Landry Ifouta semble en avoir plein le cœur. Il a pris, à cet effet, le management d’un projet monté avec quelques amis et dénommé «Base TV Gabon». Il s’agit d’une chaîne de télévision thématique consacrée à la promotion de la culture gabonaise et du «Gabon vert», en faveur de la préservation de la nature.

Tonitruant et irrévérencieux comme à son habitude, Landry Ifouta s’explique : «Les artistes gabonais ont fourni leur part d’effort pour ce qui est de la production des œuvres musicales et des vidéos. Nous subissons aujourd’hui le chantage des médias qui préfèrent diffuser tout et n’importe quoi, au risque de ternir l’image de marque de la musique gabonaise à l’extérieur, vu que la RTG chaîne 1 est diffusée, par satellite, sur l’international. Nous sommes fatigués de subir ce chantage qui fait qu’à la TV, ne passe que qui paye. Nous avons donc voulu un média qui puisse soutenir et promouvoir le travail des artistes. La RTG nous excusera. Elle pourra continuer à diffuser les artistes qui n’en méritent pas le nom, qui chantent faux et qu’on a du mal à écouter. Nous allons nous occuper des artistes qui en valent la peine, qui méritent une promotion et cela, sans contrepartie financière

Lancée il y a deux mois déjà, Base TV Gabon est visible sur les canaux 1 et 39 du réseau de télévision numérique terrestre Sat Con. Dans quelques semaines, ce programme télévisé devrait passer en clair, en UHF, de manière à être capté par tous les foyers, avec ou sans abonnement. Si pour le moment, la chaîne ne passe que des vidéoclips tous genres confondus, une véritable grille des programmes est en cours d’élaboration avec une ferme option sur les musiciens gabonais confirmés, ayant un talent et un professionnalisme reconnus par ses pairs.

L’enfant terrible

Pour ceux qui prennent le train en marche, Landry Ifouta est un musicien gabonais contemporain. Il multiplie les pseudonyme au gré des circonstances, comme d’autres changent de couturier. Il est en effet passé de Highlander l’Immortel à De Mokoko, en passant par l’Exécuteur ou l’Avocat à la Cour des Cœurs. Même s’il utilise ces derniers temps Mbamba y Mbamba (le pur descendant), on croit qu’il va tout de même retenir, assez longtemps, De Mokoko du fait qu’il a adopté ce nom de guerre en remontant son arbre généalogique : Il est le petit-fils de Madeleine de Mokoko, une Congolaise qui épousa un Gabonais dans la première moitié du XXe siècle. Il faut comprendre que ce brin de « congolité » lui permet également de justifier et d’asseoir son style musical : un alliage des rumbas congolaise et gabonaise.

En 1998, il produit, à compte d’auteur pourrait-on dire, son tout premier single « You make me feel good ». C’est l’occasion d’une rencontre avec Jean-Yves Messan qui décide de produire, en 2000, son 1er album: « Aurore ». Le recueil contient une reprise de « Eyonga Z’alugu » qui devient très vite l’hymne des maquis librevillois et place Landry Ifouta sur orbite. Il produit ensuite les albums « Proximité » (2003), « Sans Commentaire » (2004) et « De Mokoko IV » (2006). Intitulé « Mbamba y Mbamba », son dernier album est sorti en 2008.

Landry Ifouta a été surnommé, par une certaine presse, « L’enfant terrible de la musique gabonaise ». Cette presse voit en lui une sorte de Shérif. Ce qui lui convient à merveille en ceci que, dans le cadre de sa bataille pour le respect de la corporation des musiciens gabonais, il aime bien distribuer les bons points, remonter les bretelles aux empêcheurs de tourner en rond et dire très fort ce que tout le monde pense out bas.