En visite du 23 au 24 mai au Gabon, Elisabeth Huybens, la directrice des opérations du Groupe de la Banque mondiale, a rencontré le ministre gabonais de l’Economie Régis Immongault Tatangani, avant de se rendre à la Zone économique à régime privilégié de Nkok. Elle revient sur l’objectif de sa visite et l’intérêt de son Groupe vis-à-vis du Gabon.

La directrice des opérations du Groupe de la Banque mondiale, Elisabeth Huybens, le 24 mai 2017 à Libreville. © Gabonreview

 

Elisabeth Huybens en visite à la Zerp de Nkok. © D.R.

Gabonreview : Vous venez d’effectuer une visite de 24 heures au Gabon. Peut-on savoir les raisons et les objectifs visés par celle-ci ?

Elisabeth Huybens : Je suis venue pour discuter avec le ministre de l’Economie sur notre programme au Gabon et sur l’état de l’économie dans le pays. J’ai aussi profité de l’occasion pour aller visiter la zoneindustrielle de Nkok.

Comment se porte l’économie gabonaise du point de vue de la Banque mondiale ?

L’économie gabonaise souffre, comme vous le savez, de la chute du prix du pétrole, mais le gouvernement est en train de travailler avec assiduité sur la diversification de l’économie, pour qu’elle puisse échapper à cette dépendance au pétrole. C’est notamment pour cette raison que j’ai effectué une visite sur la Zone économique spéciale de Nkok, où l’on voit déjà comment la chaîne du bois est en train de se développer comme un pilier de l’économie nationale, à côté du premier pilier qu’est le pétrole.

Elisabeth Huybens et Régis Immongault Tatangani, en discussion, le 24 mai 2017 à Libreville. © D.R.

Vous semblez satisfaite des avancées du Gabon. Cela veut-il dire que le pays peut compter sur d’autres financements de la Banque mondiale ?

Depuis seulement deux ans, notre portefeuille, notre appui au Gabon a quintuplé. Nous avions un portefeuille d’environ 70 millions de dollars, il y a deux ans, et on vient de signer un accord de crédit pour un projet sur les statistiques. Avec le financement de ce projet, nous sommes arrivés à un portefeuille de 500 millions de dollars. On a donc agrandi très sensiblement notre appui au Gabon, et nous considérons encore d’autres appuis.

Elisabeth Huybens et Sylvie Dossou, la représentante résidente de la Banque mondiale au Gabon. © D.R.

Y a-t-il un suivi de votre part des projets que vous aidez à financer ?

Oui, nous faisons un suivi très rapproché de ces projets. Nous avons notre équipe ici au Gabon, qui fait le monitoring de la mise en œuvre de notre portefeuille. Nous avons également des équipes qui viennent de partout dans le monde, y compris de Washington, pour accompagner la mise en opération, l’implémentation de tous ces projets.

Vous avez pris part aux Assemblées du printemps de la Banque mondiale, qui se sont tenues du 18 au 22 avril 2017 à Washington aux Etats-Unis. Quelles sont les grandes décisions qui ont été prises, et qui concernent le Gabon ?

Je dirai que la décision la plus importante, c’est d’amener la Banque à travailler très systématiquement en appui aux partenariats public-privé, parce que les pays en voie de développement ont un gap énorme de financement, surtout pour les infrastructures. On se rend compte que, ni les gouvernements ni les institutions financières n’ont assez de moyens pour combler ce gap. Ce qui est donc très important, c’est d’associer de façon plus systématique le secteur privé au financement des projets infrastructurels. C’est une des principales orientations que nous allons suivre de plus en plus.

Interview réalisée en collaboration avec Gabon 24, L’Union et Directinfosgabon.com